Mont de Marsan. 19 juillet. Thomas Dufau ouvre en triomphe la Madeleine.

Belle entrée, nuages et pluie du quatrième à la fin du sixième toro, deux heures quinze de spectacle.

Six Juan Pedro Domecq, bien présentés, autour de 500 kilos, très mobiles, tous deux piques prises avec une certaine bravoure. Tous toréables à la muleta, le quatrième, le moins intéressant.

  • Antonio Ferrera (rouge et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, trois-quarts de lame, silence.
  • José-Maria Manzanares (bleu marine et or) au deuxième, deux entières, silence ; au cinquième, une entière, silence.
  • Thomas Dufau (bleu marine très foncé et or) au troisième, une entière, deux oreilles ; au dernier, trois pinchazo, une demi-lame, silence.

Enfin le bonheur… Ces deux oreilles que Thomas Dufau attendait dans les arènes de Mont-de-Marsan, il les a coupées hier, pour l’ouverture de la feria de la Madeleine. Depuis plusieurs années il était intégré à un cartel de vedette. Il était toujours à la hauteur, mais jamais il ne parvenait à conclure et terminer en beauté. C’est chose faite. Il ne s’est jamais séparé des deux oreilles qu’il venait de couper… un talisman ou peut être un nouveau départ pour sa carrière.

Thomas Dufau, ce succès, c’est le sien et personne ne le lui contestera. Mais il doit beaucoup à un immense toro de Juan Pedro Domecq, « Prodigioso », un combattant parfait qui lui a permis de donner l’essentiel de sa tauromachie. On a trouvé une Landais par moment métamorphosé tant il toréait avec facilité et bonheur, ajoutant dans tous ses gestes un soupçon de grâce et d’harmonie.

Tout avait commencé comme un conte de fées… Quelques passes à genoux, un pecho et la grande faena de Thomas est partie. Les choses ne vont cesser de s’améliorer, la muleta ne va cesser de ralentir la charge du toro, c’est lent, un temple parfait, des moments d’extrême plénitude pour le torero qui les fait partager au public. Sur les deux mains le garçon se régale. Tout le monde a compris que le triomphe est à la pointe de l’épée et pour une fois elle ne trahira pas le Landais. Il pleurait presque lorsque les deux trophées sont tombés de la présidence. Enfin il avait ce succès qu’il méritait depuis tant d’années. Sa deuxième sortie, sous une pluie qui finit par cesser, ne fut pas de ce niveau, même si elle révéla de grands moments. Mais surtout il manqua un final parfait et revinrent ces éternelles hésitation à l’épée qu’il devra bien finir par maîtriser.  Thomas Dufau est sorti en triomphe devant la paire Ferrera-Manzanares… de quoi redonner du moral en ce milieu de temporada.

Antonio Ferrera, malgré tous ses efforts, n’a pas trouvé la juste récompense de son travail. Pourtant, il fut toujours présent, n’hésitant pas à banderiller, avec beaucoup de courage, à la pointe des cornes. Sa première faena certes manqua d’harmonie. Les choses furent un peu brusques, mais toujours dans le bon tempo. On a retrouvé par instant le Ferrera des débuts, bouillonnant et toujours combattif. Par contre son deuxième adversaire qu’il avait brindé à Manzanares fut très décevant et ne lui permit pas autre chose qu’une faena très morne, sans âme et rapidement ennuyeuse… La pluie commença à tomber et ne facilita pas l’adhésion du public. Pourtant le Plumaçon accueillait le retour d’un garçon qui avait souvent triomphé et qui voulait que les choses continuent sur un tempo identique.

José Maria Manzanares est le grand perdant de la journée. Il est passé sans laisser le moindre intérêt, à part sa première faena où la main gauche fut un véritable enchantement. Elle hypnotisa le toro et tout se déroula dans un minuscule terrain. Mais il n’accrocha pas le public… pas plus que lors de sa seconde sortie où là aussi il y eut un moment de chorégraphie sur les deux mains. Peut-être une tauromachie trop élitiste. Mais personne ne regrettera son bonheur avec un garçon débordant de volonté. Lui aussi était venu pour triompher.

Une excellente ouverture de la feria de La Madeleine qui avait pleuré à l’issue du paseo deux de ses anciens, Christian Cazade et Jean-Pierre Saint Guiron.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Diaporama : Romain Tastet.

Vidéo : Alain Garres.