Istres. 24 juin. Talavante aperçu dans la grisaille ganadera.

Deuxième course de la Feria d’Istres, et deuxième désillusion (pour peu qu’on ait eu des illusions) causée par le bétail du jour, des Zalduendo sosos, de format et d’armures modestes, manquant de race, justes de forces, qui sortirent souvent en trombe du toril pour finalement s’éteindre pour une bonne moitié d’entre eux dès le début de faena, encore plus tôt que ceux de la veille.

L’usine à toros de l’empresario et ganadero mexicain Alberto Baillares, qui fonctionne à plein régime pour nos chères figuras, aura oublié de passer ses produits au contrôle qualité. Bref, les troisièmes tiers furent réduits à la portion congrue.

La course débuta par la prestation du rejoneador Laury Tisser, une prestation que nous laisserons détailler avec la corrida de rejon à notre collaborateur Freddy Porte.

Le premier Zalduendo réveilla les étagères en se jetant d’entrée contre les planches, les cassant dans l’élan pour faire un tour dans le callejon. Ses exploits publics se limitèrent à cela. Après quelques véroniques et demie d’Alejandro Talavante, puis un vaccin pour le règlement, l’animal permit au torero de signer une élégante entame de faena. Quelques bonnes séries sur les deux bords, main basse, nous montrèrent le bon moment que traverse l’extremeño. Final en réduisant la distance pour extraire encore le peu de jus que recelait encore le bicho avant entière caidita portée en s’engageant. Oreille.

A peine aperçut-on une demie lors de la réception du quatrième Zalduendo qui bien sûr fut ensuite à peine égratigné par le lancier de service. Brindée à El Fundi, la faena débuta joliment par passes hautes, puis se poursuivit par une bonne série de derechazos avec esthétique changement de main par devant précédant le pecho.  A gauche les séries furent du même tonneau, savamment orchestrées, agrémentées de détails tels trincherillas, passes cambiadas, sans oublier la traditionnelle arrucina. Entière traserita et latérale après deux pinchazos. Salut.

Juan del Alamo devait se demander ce qu’il faisait là, lui qu’on oppose souvent à du bétail dur. Mais les sucreries un peu fades ont leur limite, et le garçon, privé de matière première, ne put exprimer son toreo. Il était pourtant très motivé et le prouva en se mettant à genoux pour recevoir son premier adversaire par deux largas cambiadas, poursuivant par véroniques électriques et demie de rodillas. Arrivé à plat ventre dans le cheval, le bicho n’en fut pas moins piqué au sol avant qu’il ne se relève. Image singulière ! Débutée au centre par une bonne série de derechazos, la faena ne décolla jamais par manque de parcours du Zalduendo qui s’arrêta dès l’amorce de chaque muletazo. Juan dut mettre toute sa motivation en avant pour arracher des passes en s’étirant au maximum, mais le résultat resta en-deça de ses espérances. Entière tendida au troisième assaut. Salut.

Le cinquième toro fut le seul à pousser un peu la cavalerie lors d’une unique ration de fer. Correctement reçu par véroniques et demie, l’animal s’affala ensuite à plusieurs reprises durant le semblant de faena soporifique, finissant par se coucher seul. Comme précédemment, Juan del Alamo tenta d’en tirer quelque chose, mais essayez donc de puiser de l’eau dans un puits sec ! Entière en deux temps. Salut pour la volonté.

Ginés Marin, qui comme Juan del Alamo arrivait tout auréolé de son succès madrilène, sembla décontenancé par le peu de possibilités offertes par les bichos du jour. Il va falloir qu’il s’y fasse s’il reste dans cette catégorie où l’on croise plus d’ectoplasmes que de toros. RAS au capote lors de la réception de son premier qui, comme l’ensemble du lot, passa devant le uhlan pour la forme (à quand la corrida sans picadors ?). Doublant joliment genou fléchi, le garçon signa quelques séquences droitières en composant un peu la figure, mais la mule de Zalduendo n’avançait plus. Pourquoi donc alors faire jouer la musique ! Un peu de cohérence ! Tiers de lame suffisant pour la conclusion. Salut pour réconforter le jeune torero.

Jolie séquence genou fléchi pour accueillir le sixième par véroniques et demie. Après petite écorchure du cuir par le castoreño, Ginés Marin se lança dans une faena élégante qui aurait pu nous toucher si l’opposition avait été présente. Hélas les jolis gestes ne suffirent pas devant ce désert de caste. Le jerezano essaya, sans plus de succès que précédemment. Entière après pinchazo. Silence.

Reseña et photos : Paco.