La réaction de l’UVTF suite au décès d’Ivan Fandiño.

Jean-René Echegaray, maire de Bayonne et président de l’UVTF, réagit au décès de Ivan Fandiño, consécutif à une cornada mortelle reçue dans les arènes de Aire sur Adour.

« C’est donc sur le sol français, à Aire sur l’Adour exactement, que le maestro Fandiño avait rendez-vous avec la mort, devant un toro de Baltasar Iban. Une dimension qui, si elle est accessoire par rapport au drame lui-même, ne peut que mettre le Président de l’UVTF que je suis devant l’obligation morale de prendre la plume.  Un communiqué de presse laconique m’aurait semblé nettement insuffisant.

De plus, Fandiño, torero basque, originaire d’Orduña en Biscaye, promenait cette singularité dans un monde des toros beaucoup plus marqué par le sud de l’Espagne. Et, pourquoi le cacher, cela me le rendait plus proche encore. Il venait à Bayonne comme chez lui.

Je le tenais, pour cette raison aussi, pour un torero à part. J’ai le souvenir de son magnifique costume de lumière brodé de lauburus (croix basques),  qu’il aimait porter sur « ses terres » pour rappeler aussi, à ceux qui veulent revisiter l’histoire, la grande lignée des matadors basques du tout début de la tauromachie moderne.

Serrer la main de Fandiño, cela ne tenait pas du geste désinvolte. Sa poignée de main était de l’acier de Bilbao, son regard et son art aussi. Il toréait sèchement, sans fioriture ou cambrures lascives.  Ca passait ou ça cassait, dans une quête parfois glaciale de vérité.

Hier samedi, ça a cassé, en plaza d’Aire. Je devine l’esprit qui l’animait. Au sommet voilà deux ans, il voulait y revenir, coûte que coûte. Mais une volonté intacte dans un corps qui a tant donné, et surtout hélas reçu, peut jouer des mauvais tours.  Fandiño avait vingt ans dans sa tête, un physique d’ascète, mais reste le temps qui, lui, passe inexorablement. Nous pouvons tricher, pas le torero.

La France, pour lui, fut une terre d’accueil hors du commun. Il s’y était forgé une réputation de courage et de lidiador intraitable. Une lame d’acier Fandiño.

Nous aimions la force froide mais tellement humaine de Fandiño. Et nous savons déjà que notre temporada n’aura plus tout à fait la même saveur.

Je présente à ses proches les condoléances les plus senties de l’Union des Villes Taurines de France ».

Jean-René Etchegaray
Maire de Bayonne – Président de l’UVTF