Madrid. 18 juin. Oreille pour Jesus Enrique Colombo.

Novillada des triomphateurs qui conclue le cycle venteño avec, bien sûr, une minute de silence en mémoire d’Ivan Fandiño disparu la veille, drapeaux en berne, paseillo sans musique et toreros et subalternes tête nue. On ne pouvait faire moins.

Au menu des utreros de José Luis Marca et El Cortijillo (5° et 6°), bien présentés, nobles mais justes de forces. Mansos les trois derniers, le sixième cependant avec des qualités exploitables.

Le premier novillo du jour, après les véroniques d’ouverture, jeta le picador et sa monture au sol, puis se prêta au jeu de muleta d’Angel Jimenez, sur la corne gauche surtout où la transmission fut présente. Salut après une bonne estocade et palmas à l’arrastre. Le quatrième Marca chercha très vite l’abri des tablas et le garçon l’en sortit intelligemment pour qu’il se concentre sur sa muleta. Il parvint ainsi à lier une paire de séries droitières et une à gauche avant que le bicho ne reparte en querencia. Nouveau salut après une lame portée au second assaut.

Le second novillo fit son travail face au lancier, puis dans un quite varié de Jesus Enrique Colombo. Noble, doté d’une certaine classe, il n’eut pas hélas les moyens de ses ambitions et Angel Sanchez ne put donc pas baisser la main comme il l’aurait souhaité. Le garçon le ménagea pour en tirer le maximum, terminant par manoletinas serrées. Demi-lame caida pour en finir. Palmas pour le novillo et ovation pour le garçon. Le quinto commença par compliquer la tâche du castoreño par ses fuites répétées avant de se laisser happer par la muleta du novillero qui parvint à dessiner de bons muletazos, principalement à dextre. Mission difficile pour Angel Sanchez qui tira son épingle du jeu, concluant par une estocade trasera. Salut.

Jesus Enrique Colombo, après s’être échauffé lors d’un quite au second novillo, se montra à nouveau à son avantage au capote face au troisième : larga de rodillas, véroniques et chicuelinas serrées. Le garçon assura lui même et avec brio le second tiers. Arrivé au dernier, il n’avait plus de novillo en face de lui et il dut composer avec pas grand chose à se mettre sous la muleta. Silence après une estocade entière. Le sixième, manso dans le cheval, se laissa banderiller sans que Colombo puisse cependant briller avec les bâtonnets. Un peu soso dans la muleta, sa noblesse permit au garçon de réaliser une bonne faena ambidextre, très au-dessus de ce que le bicho semblait proposer. Oreille, la seule du jour, après un bon coup de rapière.

(Photos : Plaza 1)