Granada. 17 juin. Triomphe d’El Fandi et de Roca Rey.

El Fandi et Andrés Roca Rey ont triomphé en coupant trois oreilles chacun à des toros de Salvador Domecq, bien présentés et donnant du jeu pour une moitié d’entre eux. Nous ne parlerons pas de sortie a hombros car les deux toreros refusèrent et sortirent à pied en compagnie d’Enrique Ponce après avoir appris la nouvelle du décès d’Ivan Fandiño.

Enrique Ponce dut faire un gros effort pour faire bouger un premier toro manquant de race et de forces. Avec une technique affirmée et une grande volonté, il parvint à arracher au bicho quelques tandas ambidextres. Palmas. Le valencian tira le maximum d’un quatrième manso et sans classe qu’on n’aurait peut être pas vu en des mains moins expertes. Trasteo de bon niveau que le public, reconnaissant des efforts consentis, aurait souhaité voir primer de deux oreilles. Le palco n’en accorda qu’une.

El Fandi, dans son jardin, débuta son premier combat par trois largas cambiadas de rodillas puis par véroniques genou fléchi, se redressant pour d’autres véroniques et demie. Le ton était donné. Suivit un quite par lopecinas, puis un second tiers vibrant comme souvent. C’est à nouveau de rodillas que le local initia sa faena avant de signer de bonnes tandas droitières avec des muletazos longs et templés, tant que le bicho dura. Final par manoletinas et une estocade canon faisant apparaître deux mouchoirs au palco. Vuelta pour le Domecq. Le sobrero du même fer sorti en cinquième position était brusque et violent. Compliqué dans les trois tiers, il eut affaire à un garçon décidé qui sut lui imposer sa loi. Faena volontaire conclue par une bonne lame et un trophée supplémentaire alors que le public en demandait deux.

Andrés Roca Rey ne fut pas en reste. Le troisième était un grand toro et le péruvien ne laissa pas passer sa chance. Après un quite par caleserinas, saltilleras et tafalleras qui mit la plaza debout, le jeune torero se passa l’animal à la ceinture, à droite comme à gauche, toréant au millimètre avec beaucoup de quiétude et d’assurance. Circulaire inversée, arruzina, manoletinas, tout le répertoire y passa jusqu’à la bonne estocade qui fit rugir les gradins. Deux oreilles. La seconde faena, dessinée dans les terrains de proximité, fut de bon niveau mais un ton en-dessous, et cette fois conclue par deux entrées a matar. Oreille.

(Photos : Arjona)