Madrid. 11 juin. Que sont les Miura devenus ?

Décevante et inquiétante corrida de Miura pour la dernière tarde de la San Isidro.

Décevante de par le comportement de toros sans race ni forces. Inquiétante pour ceux qui ont connu les Miura du siècle dernier, des toros certes souvent mansos mais avec un fond de caste qui assurait à l’aficionado présent dans les tendidos un intérêt pour le spectacle. Même au physique les Miura ne sont plus ce qu’ils étaient, malgré quelques exemplaires qui nous rappellent de temps à autre ce que fut le passé de cette prestigieuse ganaderia.

Hier donc à Madrid on retrouvait la devise de Zahariche, mais aussi le matador Davila Miura venu combattre les pupilles de la famille. Ironie du sort, il n’en combattit aucun, ses deux opposants étant remplacés pour faiblesse par un Buenavista (2° bis, fade) puis par un Ventorillo (5° bis, noble et maniable).

Face au Buenavista, Davila Miura fit ce qu’il put, mais la soseria de l’animal, qui finit compliqué, le laissa sans options. Silence. Le Ventorillo sortit en cinquième bis lui permit de réaliser une faena de bonne facture, à droite notamment. Salut après une demi-lame.

Rafaelillo, chef de lidia du jour, signa une faenita agréable face à un premier Miura noble mais manquant de fond. Silence. Le quatrième, plus Miura dans son comportement compliqué, le poussa à la bagarre. Ça, le murciano sait faire, et le combat tourna à l’avantage du garçon qui se mit devant au prix d’une voltereta (avec puntazos à la cuisse gauche et à l’aisselle droite). Salut après une estocade quasi-entière.

Ruben Pinar eut pour premier adversaire un Miura protesté pour son manque de forces et qui ne lui offrit aucune option. Silence. Le sixième, fade et sans charge, ne lui offrit pas plus. Nouveau silence.

(Photo : Plaza 1)