Captieux. 11 juin. Beau triomphe d’Andy Younes qui coupe trois oreilles.

Un lot de Jalabert bien présenté, parfois un peu juste de forces, mais qui a permis le déroulement d’une novillada intéressante voyant le triomphe d’Andy Younes, favorisé par son courage lors de ses mises à mort.

Gros trois-quarts d’arène, soleil et chaleur caniculaire, deux heures quinze de spectacle.

Six novillos de Jalabert, bien armés, tous une pique, solide et sévère, dont certains sont sortis épuisés tel le premier et le quatrième. Le sixième renverse le cheval. Parfaitement toréables à la muleta avec une mobilité parfois réduite.

  • Pablo Aguado (violet et or), au premier, un pinchazo, une demi-lame tendue, un descabello, avis, silence ; au quatrième, une demi-lame, deux descabellos, silence.
  • Diego Carreterro (rouge et or), au deuxième, deux pinchazos, une entière, silence ; au cinquième, une entière, silence.
  • Andy Younes (bleu foncé et or), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, deux oreilles.

Andy Younes, dès son premier adversaire, a témoigné de toute sa volonté à la cape, esquissant trois véroniques réussies. A la muleta le garçon va se montrer facile, enchaînant quelques séries qui se terminent en musique. Il ne laissera jamais son novillo reprendre du terrain… il s’offre le luxe d’un rond complet avant de basculer entre les cornes et même si l’épée est un peu basse, le geste était irréprochable.

Il s’inscrira pour finir dans un style très élégant, cite de loin et quelques changements de mains au millimètre. En fait, lorsqu’il prend la main gauche, il ne l’abandonne pratiquement plus… et imprime au novillo un rythme très lent et très templé. Là aussi, il pénètre entre les cornes avec courage, avec cette fois une épée parfaite. Il a gagné son pari pour une de ses dernières courses dans le Sud-Ouest… et l’on assistera à la sortie triomphale d’un torero très ému, écrasant quelques larmes de joie sur ses joues.

Pablo Aguado nous a laissés sur notre faim… le sévillan avait laissé le flacon aux parfums en Andalousie. Très diaphane dans son premier tercio de cape, il montrera beaucoup de douceur sur la main gauche et sera vite handicapé par un animal qui ne répète pas naturellement. A vouloir trop faire piquer le second novillo, il en fera un invalide dont il extraira une petite faena. Pas de quoi marquer les esprits. Lui aussi, comme Younes, deviendra torero en septembre, il lui faudra convaincre un peu mieux qu’à Captieux.

Diego Carretero, invisible à la cape, se rachète chaque fois avec une main gauche qui frôle la sorcellerie. C’est toujours sur ce côté qu’il impressionnera comme ses trois premières naturelles aux accents impériaux. Il dominera parfaitement son premier adversaire et le tuera bien… mais son puntillero s’y reprenant à n’en plus finir lui coûtera une oreille qu’il méritait. C’est le malchanceux de la journée avec un premier Jalabert, pas vraiment très facile et piquant.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.