Madrid. 9 juin. Les Adolfo déçoivent.

La corrida d’Adolfo Martin était attendue par les aficionados a los toros (et les autres). Elle a déçu par la fadeur du comportement des toros et leur manque de caste.

Antonio Ferrera était lui aussi très attendu après ses performances sévillanes. On a retrouvé un torero dans la maturité de son art, sûr de lui, puissant et dominateur, mais comme ses confrères du jour, que faire sans matière première ?

Le premier toro était court de charge et compliqué, dangereux même si on ne faisait pas attention (il ouvrit la taleguilla du torero sur un derrote), mais tellement ennuyeux dans son comportement. Ferrera en tira ce qu’il put avant de l’expédier d’une estocade au second assaut. Silence. Le quatrième n’offrait pas davantage d’options. A force de patience et de métier, l’extremeño parvint à lui arracher quelques méritoires séries, mais il connut par la suite des difficultés avec les aciers, frôlant le troisième avis. Palmas tout de même.

Juan Bautista toucha non pas le meilleur lot, mais le moins mauvais. le second toro était noble mais il manqua cruellement de jus et donc de transmission. L’arlésien en tira quelques tandas de correcte facture mais sans élever le niveau du débat. Silence après plusieurs tentatives avec la rapière. Le quinto, protesté pour ses forces justes, afficha lui aussi une noblesse fade qui ne permit pas à Jean-Baptiste de faire décoller son trasteo. Silence après une demi-lame.

Manuel Escribano accueillit le troisième a porta gayola avant de maîtriser ses charges vives une fois sur ses aplombs. Hélas les illusions données à son entrée furent vite dissipées, le bicho s’éteignant rapidement. Le torero de Gerena exploita la noblesse de l’Adolfo dans quelques muletazos ambidextres avant de mettre très vite fin à la vie publique de l’animal. Silence. Le sixième, du même tonneau que ses frères, ne permit qu’un bon second tiers avant de s’avérer sans options au final. Silence après une faena volontaire conclue par une quasi-entière.

Ferrera et Escribano échangèrent les bâtonnets aux deux premiers toros.

(Photos : Plaza 1)