Nîmes. 5 juin (tarde). Comment une présidence incompétente gâche une corrida plutôt plaisante.

Dernière corrida de cycle nîmois Pentecôtiste avec des Jandilla et leur deuxième fer Vegahermosa (5° et 6°) pour David Mora, Paco Ureña et José Garrido sous un beau temps mais devant seulement environ 3 500 personnes.

David Mora préserve le premier de la soirée avec deux piquettes au cheval vu sa faiblesse latente. Quite de Paco Ureña avant une faena propre du madrilène commencée aux tablas. Malgré la musique lancée bien vite, et une série méritoire de naturelles, trincheras et trincherillas, l’émotion ne vient pas. Une entière hémorragique au deuxième envoi. Salut.
Son second adversaire est un peu plus armé. Après un rapide passage au capote, le negro mulato est envoyé au cheval pour deux rencontres tête haute. En sortant, il réalise une vuelta de campana. Quite d’Ureña par gaoneras. Brindis au public et à sa peña nîmoise. Il se lance alors dans une belle série de derechazos relâchés, ce qui déclenche la musique. Une série supplémentaire et un passage à gauche finissent par avoir raison du cornu qui baisse clairement de ton. Le maestro réduit les distances et dessine trois redondos avant une entière efficace. Une oreille, la deuxième refusée logiquement par la présidence.
Paco Ureña reçoit son premier toro par de jolies véroniques. Au cheval, au premier assaut, le cornu casse le palo; la seconde rencontre est plus banale. Quite fleuri de José Garrido. Brindis au public. Le natif de Lorca débute muleta en main gauche. Mais le colorado accuse le coup et malgré une bonne volonté du diestro à gauche comme à droite et la musique, le travail reste froid. Redondos pour conclusion et une épée entière tombée. Un avis et une oreille.
Le cinquième de la course est un Vegahermosa mal piqué en deux rencontres sans aucune conviction. Quite de Garrido par chicuelinas. Paco Ureña entame sa faena par des doblones et derechazos de belle facture. Musique. Toutefois, sur la corne gauche, les charges sont plus brouillonnes. Retour à droite pour exploiter au mieux la noblesse du cornu. Les aciers font défaut avec trois pinchazos  avant une demie. Arrastre applaudi et salut. Il peut émettre des regrets, une oreille s’est certainement envolée.
José Garrido accueille son toro negro cornicorto par des véroniques et une demie autoritaires. Deux piques sans plus. Brindis aux étagères et entame au centre par des derechazos de rodillas. Il réalise ensuite une faena plutôt intelligente, laissant son adversaire respirer et le faisant venir de loin. Mais, la corne gauche est plus compliquée. Il en termine par molinetes de rodillas et manoletinas avant deux pinchazos et une demi-lame maladroite. Un avis. Salut et arrastre applaudi pour ce bon toro.
Le dernier cornu de la feria va prendre deux piques vraiment très quelconques, les personnes l’ayant vu brave au cheval ont dû confondre avec les tercios de varas de Vic. José Garrido brinde son toro à l’éleveur du jour, Borja Domecq, et commence par quatre statuaires, une passe del desprecio et un pecho d’école. La musique est bien sûr lancée. L’animal est noblote et a conservé un peu de gaz, mais rien de très exceptionnel, loin de là. Le maestro de Badajoz réalise de jolies séries templées à droite, mais aussi quelques naturelles aidées. Alors qu’il s’apprête à entrer a matar, le mouchoir orange de l’indulto tombe incompréhensiblement et honteusement du palco. Le public, incrédule et pris de court, en oublie ensuite de demander les trophées pour le diestro. Sous une belle bronca, deux oreilles tombent tout de même et le jeune sort a hombros.
Ce sixième, un colorado de Vegahermosa, va faire parler dans la presse locale et taurine. Jusque là, cette corrida était plutôt plaisante et allait clôturer une feria moyenne, sans être catastrophique comme l’an passé. Et voilà qu’une présidence sans véritables critères gâche tout avec une indulto sans aucune, mais vraiment aucune, justification valable. Les arènes de Nîmes, soit disant de première catégorie, s’enfoncent encore plus dans la grande médiocrité.
Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.