Nîmes. 5 juin (matin). Andy Cartagena ouvre la Porte des Consuls.

Est-ce la seule présence du navarrais, ou la confection de l’ensemble du cartel qui fut à l’origine d’une des meilleures entrées de la Feria qui frôla le « No hay billetes » ?

Les toros de Bohorquez, malgré beaucoup de noblesse, ou peut-être à cause de, montrèrent à des degrés divers une certaine faiblesse et peu de bravoure. On oubliera volontiers le sobrero opposé à Pablo Hermoso de Mendoza. Insipide, très faible et manso, il remplaçait le premier Bohorquez qui semblait prometteur. Celui-ci se tua peu après sa sortie en rematant sur l’angle d’un burladero. Le banderillero, laissa traîner son capote, alors qu’il s’engouffrait dans l’abri… Le bicho fut puntillé en piste et arrastré.

Heureusement le second Bohorquez ira de menos à mas. Il montra une certaine mobilité dont le chef de lidia profita. Reçu par le bien nommé Alquimista, ce sont par les muletazos de la croupe de Disparate que débuta la faena de banderilles prolongée avec Donatelli. Un bon rejon de muerte posé avec Nevado fit tomber deux mouchoirs du palco.

Andy Cartagena, show-man exceptionnel, en communication permanente avec les tendidos, triompha de cette matinée équestre. De toute évidence, le public fut captivé par les spectaculaires prouesses équestres baroques du cavalier de Benidorm. Il enflamma littéralement les gradins par son alegria, par son sens du spectacle et par le rythme qu’il imposa à ses deux prestations. Les adornos en tous genres, tels les saluts à l’estribo, les balancements spectaculaires des épaules de Pinta ou la position assis au milieu du ruedo de Picaso, les déplacements debout sur les postérieurs de Luminoso, etc, contribuèrent fortement à séduire les amateurs et à faire oublier la faiblesse quasi-générale des toros.

Andy sera l’auteur de la seule paire de banderilles à deux mains de la matinée. Le cirque s’enflamma, et par deux fois fit pression sur la présidence par deux fortes pétitions. A deux reprises le palco fit tomber deux mouchoirs. Un rejon de mort nous paru douteux ayant pour effet de paralyser le bicho qui fut habilement et rapidement puntillé par le banderillero. Avec quatre oreilles, La Porte des Consuls s’ouvrit pour Andy Cartagena.

Léa Vicens fut à deux doigts de partager la Porte des Cuadrillas avec Mendoza. Très à l’aise et sûre d’elle, Léa fut très précise dans ses poses. Le premier châtiment posé avec Bach a été le meilleur de la course par son positionnement. Bético et Déséado furent les partenaires de la première faena de banderilles, fleurissant le bicho de bâtons longs et courts. Maîtrisant le 3ème tercio, c’est avec le fidèle Espontaneo qu’elle mit une entière, s’octroyant l’oreille de son premier opposant. Avec le dernier exemplaire du pensionnaire de Fuente Rey, tout semblait réuni pour au minimum doubler la mise. Petit Pois, de salida, domina son adversaire. Gacela nous parut garder une distance de sécurité lors de son engagement sur la corne contraire. Il permit néanmoins de jolies poses de banderilles longues, comme le fit à sa suite le fameux Bazuka. Une rose et un bon rejon de mort avec Espontaneo, bien qu’en bonne place, nécessita l’utilisation de deux descabellos. L’oreille qu’aurait mérité la faena s’envola. La cavalière dut se contenter d’une ovation.

Alors que Cartagena sortait par la Porte des Consuls, Mendoza eut l’élégance de sortir à pieds en compagnie de la rejoneadora française. Léa et Pablo se retrouveront à Istres pour s’affronter dans un mano à mano le 25 juin prochain. Ce pourrait-être la revanche pour la nîmoise qui, quelques jours avant Nîmes, triomphait déjà à Cordoba aux dépends du Navarrais. Entre-temps, il y aura eu Madrid…

Reseña : Freddy Porte. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.