Vic Fezensac. 5 juin (tarde). Alternative réussie pour Manolo Vanegas.

Première alternative vicoise et un passage à l’échelon supérieur réussi pour le vénézuélien Manolo Vanegas qui a choisi de se faire une place dans la catégorie des corridas dites toristas. On devrait donc le revoir en terre gersoise à l’avenir.

Les toros du jour, remarquablement présentés et portant les fers d’Alcurrucen et de Lozano Hermanos, avaient un physique vicois, mais un tempérament plus « moderne » sans être pour autant des enfants de choeur.

Le toro de la cérémonie était un manso qui quitta le cheval dès la première piqûre du fer pour fuir à l’opposé, puis qui revint trois fois vers la pièce montée qu’il quitta autant de fois sans sollicitation.

Après l’échange des trastos, Manolo brinda son premier toro à son père avant de se lancer dans une bonne faena majoritairement droitière où il aguanta bien les charges pas très franches de son opposant. A gauche le bicho était court et le garçon n’insista pas. Final par ayudadas por alto avant entière caidita. Oreille.

Le sixième toro freina d’entrée dans le capote avant de prendre une ration de fer sans mise en suerte où il poussa un peu, partant de plus loin pour deux piques supplémentaires dont il sortit seul à chaque fois. Quite de Manolo par deux chicuelinas, demie et revolera.

Bien débutée par quatre séries droitières de correcte facture, la faena fut ensuite d’inégale intensité, le bicho raccourcissant ses charges à gauche puis s’éteignant progressivement. Le garçon parvint malgré tout à construire un ensemble satisfaisant terminé par manoletinas serrées. La Puerta Grande était au bout de la rapière mais hélas l’épée en place ne s’enfonça qu’à moitié et Manolo dut user du descabello pour en finir. Dix centimètres d’acier supplémentaires et c’était la sortie a hombros mais la récompense se réduisit à une vuelta avec belle ovation à la clé.

Curro Diaz, chef de lidia du jour, et parrain d’alternative par la même occasion, tomba sur un premier toro imposant qui prit trois piques traseras dont il sortit seul. Après un quite de Juan Bautista par deux chicuelinas et demie, nouvel échange des trastos puis une faena essentiellement droitière où le torero de Linares toréa avec son autorité et son élégance habituelles, main basse et corps relâché. Une lumineuse trinchera s’accrocha à nos yeux, petite perle dans une faena profonde et mesurée. La corne gauche permettait moins et la garçon ne s’y attarda pas. Entière en place foudroyante et chute spectaculaire du bicho qui fit blanchir les tendidos. Oreille.

Le quatrième toro, après deux rencontres médiocres au cheval, s’avéra très vite sans options, ni à droite, ni à gauche. Le linarense essaya de tirer du jus d’une pierre avant d’occire l’animal d’une lame caida. Salut au tiers.

Juan Bautista initia quant à lui son premier trasteo par belles véroniques douces et templées avant remate à une main. Après deux piques bien dosées par Alberto Sandoval, Jean-Baptiste mena le bicho au centre  pour y lier trois séries droitières de haute note, prenant ensuite la gauche pour des naturelles remarquablement conduites. JB alterna ensuite les deux cornes avec bonheur, souvent main basse, ajoutant une trinchera par ci, un molinete par là, toujours avec une élégance et une sûreté exceptionnelles. Pinchazo a recibir, puis entière caida toujours a recibir. Oreille.

Pas grand chose à retenir d’une réception au capote regular face au cinquième qui prit ensuite une première pique en poussant un peu, sortant seul de la deuxième puis revenant au galop vers le lancier pour une troisième ration de fer. La faena droitière qui suivit fut d’un bon niveau, l’arlésien toréant toujours avec beaucoup de sûreté mais avec moins de transmission. On retiendra toujours des muletazos servis main basse avec une apparente facilité. Final par quelques naturelles de la droite (sans l’épée) avant trois-quart tendida complété par deux descabellos. Salut.

Reseña et photos : Paco.