Nîmes. 4 juin (tarde). Un solo terni par un bétail sans caste et un palco en mal de trophées.

Solo de Juan Bautista habillé d’un costume rouge et noir de Christian Lacroix et enveloppé dans une des capes de paseo de Nimeño II, en son honneur pour ses 40 ans d’alternative. Voulant faire bien les choses, l’arlésien n’a fait sortir qu’un seul picador dans le ruedo. Ovation du public au diestro. Arènes remplies aux 4/5. Temps couvert.

La Quinta.
Il désarme le maestro sur une série de véroniques et une demie. deux piquettes au cheval avant un tercio de banderilles virant à la charlotade avec une première paire sur l’arrière-train et la deuxième presque en suppositoire, et ne parlons même pas de la troisième. Genoux ployés Jean-Baptiste débute sa faena de muleta par la corne droite et embarque son adversaire vers le centre. Musique, déjà. S’ensuit une belle série gauchère avec de jolies naturelles puis un retour à droite un peu plus accroché. l’arlésien déroule tout son professionnalisme et achève son travail par une entière basse a recibir. Deux oreilles soldées tombent plus que rapidement du palco, tuant la corrida.
Parladé.
C’est un faible colorado que Juan Bautista réceptionne par de belles véroniques. Deux piquettes, Jean-Baptiste tente sur les deux cornes de tirer quelque chose de ce cornu peu enclin à participer. Après des redondos, il loge une entière longue d’effet. Salut.
Jandilla.
Ce gros negro est accueilli par deux largas afaroladas de rodillas. À la première pique, pris dans son élan, le bicho envoie valdinguer Alberto Sandoval. Le maestro décide alors de placer le cheval sous la présidence et avec un certain allant le bicho ne se fait pas prier pour l’y rejoindre pour une deuxième pique fortement applaudie. Jean-Baptiste prend ensuite les banderilles pour notamment une paire al quiebro et une autre al violin. Brindis au fils de Nimeño II et entame de sa faena à genoux pour une série droitière qui déclenche la musique. C’est avec beaucoup de recours techniques que le diestro dessine de belles séries à droite et à gauche. Il réduit ensuite les distances et en termine par des manoletinas avant un pinchazo puis une entière a recibir d’effet rapide qui lui vaut deux oreilles. Le picador Alberto Sandoval partage la vuelta avec son maestro.
Pedraza de Yeltes (3 puis 3 bis).
Est rapidement changé pour boiterie par un exemplaire du même fer. Ce 3 bis est un haut colorado ojo de perdiz accueilli par des capotazos autoritaires. Le cheval est placé sous la présidence au bout du ruedo mais le cornu hésite, obligeant le maestro à réduire les distances pour qu’il prenne finalement deux piques quelconques. JB débute sa faena du côté droit puis passe sur le côté opposé pour une série de belle facture. Musique. Molinetes et retour sur la droite, puis une nouvelle belle série de face sur la corne gauche. Le torero en termine par une trois-quart verticale. Un avis et un descabello suivent. Salut.
Carmen Lorenzo.
Ce toro est un parfait exemple du manso. Pas du tout franc du collier, fuyant les capotes et se réfugiant aux tablas, il prend deux piques rapides. Comme il n’est toujours pas cadré, le tercio de banderilles s’éternise. Toujours coureur, le cornu fuit à chaque passe mais Juan Bautista réussit tout de même à lui tirer quelques séries. Il en conclut avec une entière basse au deuxième envoi, longue d’effet. Avis. Descabello. Arrastre sifflé et salut pour le travail méritoire.
Garcigrande (6 puis 6 bis).
Le sixième est changé pour boiterie par une grosse barrique du même fer. Ce sobrero qui est reçu par un jeu de capote autoritaire, prend deux piques quelconques. Brindis au public et l’arlésien débute muleta en main droite. Mais très vite le bicho se raballe (chute). Avec seulement des demi-charges, pas grand-chose à en tirer. JB en finit par une entière longue d’effet. Silence.
L’Arlésien ouvre la porte des Consuls après une longue corrida d’un peu plus de trois heures et un bétail globalement décasté.
Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.