Nîmes. 4 juin (matin). L’ennui a dominé.

Devant des toros de Victoriano del Rio, confirmation d’alternative de Javier Jimenez avec Enrique Ponce et Andrés Roca Rey, sous un beau temps retrouvé avec quelques rafales de vent et devant 3/4 d’arène.

Faute de combattants véritables, le public est sorti avec un amer goût d’inachevé. Enrique Ponce, auréolé de son récent succès à Madrid, reçoit une ovation du public qu’il partage rapidement avec ses compañeros.
Javier Jimenez n’a pu montrer grand chose avec le petit toro de cérémonie qui fuyait les capotes et se réfugiait en querencia. Deux piques sans conviction. Quite d’Enrique Ponce et brindis au public après la petite cérémonie de circonstance. Le natif d’Espartinas entame sa faena muleta en main droite en gagnant le centre mais reste prudent et à la marge, même du côté gauche. Musique. Il commet une erreur de débutant en sortant d’une série sur la querencia du toro qui le rattrape dans le dos; le drame est évité de peu. Sa molle faena se finit par des manoletinas. Il perd certainement l’oreille de cérémonie à l’épée après une tentative manquée de recibir, une épée atravesada et un pinchazo, puis un descabello. Un avis. Salut, arrastre applaudi. Javier JIMENÉZ est certainement passé à côté du toro de la matinée.
Avec le cinquième de la matinée, le jeune débute maladroitement au capote, fait piquer son toro par deux fois sans mise en suerte et sans respect des lignes. Le tercio de banderilles se résume à un zéro complet. Muleta en main droite, il réalise toutefois deux séries supérieures qui déclenchent déjà la musique. Il tente rapidement le côté gauche pour revenir à droite. Il réduit les distances et en finit par une série de redondos et un desplante. Malgré une faena construite à l’envers finissant aux planches, le public est ravi. Il loge à son adversaire une entière caïda longue d’effet et se fait désarmer, descabello, un avis et une oreille gentille.
Enrique Ponce reçoit un toro de présentation plus respectable qu’il envoie rapidement au cheval pour deux rencontres. Au deuxième assaut, le cavalier finit presque sur le toro. Après la cérémonie des trastos, brindis au public. Comme à l’accoutumée, il entame sa faena de muleta du côté droit, genou ployé, en guidant son adversaire vers le centre. Avec beaucoup de temple il exécute une belle série de derechazos et de trincheras. A gauche, le toro est un peu plus compliqué mais il réalise des naturelles aidées de bonne facture. De retour à droite, il enroule le toro, et le public avec. La musique est lancée. Il continue l’exercice appliqué à droite et revient sur la gauche pour une série de face et en termine par une entière basse et un pinchazo. Avis. Une oreille.
Le plus gros de la matinée, 552 kg, grasse barrique, échoue au maestro de Chiva. Rien à noter de particulier au capote. Sans mise en suerte, le cornu prend deux piques au milieu du dos. Enrique Ponce débute prestement à la muleta mais son adversaire ne baisse pas la tête et se retourne vite. À gauche il n’a aucune charge. Le maestro ne trouve pas l’accord avec son toro et le liquide, après un pinchazo, d’une demi-lame et trois descabellos. Silence.
Andrés Roca Rey envoie très rapidement son premier toro pour deux rencontres appuyées au cheval. Il réalise ensuite un joli quite par gaoneras avant un tercio de banderilles résumé à seulement deux paires. Muleta en main droite, il commence sa faena aux tablas mais est désarmé dès la première passe. À gauche comme à droite, il se fait à nouveau accrocher la muleta. Le toro le promène dans tous les coins de l’arène, le péruvien n’est pas en confiance sur la corne gauche, le toro ayant encore beaucoup de gaz. Il quitte les zapatillas mais n’arrive pas à convaincre les étagères. Une entière delantera, longue d’effet, un descabello et un avis. Silence.
Le dernier Victoriano de cette matinée longuette prend deux piques sans conviction. Le péruvien réalise ensuite un quite par chicuelinas mais le toro s’avère mou et faible. Brindis au public mais dès l’entame le cornu est à terre. Malgré la douceur de la muleta droitière de Roca Rey et les passes à mi-hauteur, le bicho goûte à nouveau au sable. Le public réagit enfin un peu. Le garçon abrège d’une entière. Silence et arrastre sifflé.
Au final, à cause des Victoriano del Rio, c’est un certain ennui et une grande lassitude qui ont dominé.
Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.