Vic Fezensac. 4 juin (matin). Concours variée et palco chahuté.

La corrida-concours matinale a été animée par des toros aux comportements variés et par un palco dont la première décision contestée a fâché le public, lequel le lui a fait savoir tout au long du spectacle par broncas successives.

  • Miura pour Domingo Lopez Chaves.

Un toro, typé de la maison (hélas pauvre de tête), et qui fut très Miura dans le comportement à partir de la seconde moitié de la faena. Freinant dans le capote, le natif de Zahariche prit quatre rations de fer en venant de plus en plus loin. Picador applaudi à sa sortie. Pas très délié dans ses déplacements, le toro se plia à la volonté d’un Chaves dominateur à la technique affirmée. Ainsi il manifesta une certaine noblesse dans un début de faena droitier de bon niveau, puis commença à s’aviser et à chercher l’homme derrière le leurre dès le passage à gauche. Le garçon lui fit voir qui était le patron mais le mauvais pli était pris. A droite Chaves s’imposa sur quelques tandas de bonne facture avant de coucher l’animal d’une lame caidita foudroyante. Malgré une pétition majoritaire, le palco laissa le bicho partir avec ses oreilles, ce qui indisposa le public qui lui adressa une grosse bronca. Deux vueltas pour le torero et nouvelle bronca à la présidence.

A partir de là et jusqu’à la fin de la corrida, chaque annonce au micro fut sanctionnée par une bronca.

  • Valverde pour Morenito de Aranda.

Toro bien présenté, applaudi à son entrée, avec une armure à faire peur, mais soso tout au long de sa vie publique. Après quelques capotazos, le bicho prit quatre rations de fer mais il s’employa peu. Morenito se mit à la hauteur de son adversaire et resta dans les tons neutres, signant quelques tandas ambidextres sans grand intérêt. Trois-quart de travers après pinchazo, deux descabellos. Silence.

  • Cuadri pour Michelito.

Un toro lourd et fade dans le comportement. Quelques bonnes véroniques du franco-mexicain pour l’accueillir avant une courte pique trasera suivie de deux autres rations de fer prises sans alegria. Brindée à son père, la faena de Michelito fut d’un niveau honorable, avec quelques derechazos bien servis en courant la main avec temple, mais hélas gâchée par le manque de consistance de l’opposition. A gauche le torero dut arracher quelques naturelles une à une. Pinchazo, trois-quart de lame de travers. Silence.

  • Oliveira Irmaos pour Domingo Lopez Chaves.

 

Un toro décasté (pour ne pas dire un boeuf) au comportement bizarre, distrait, regardant partout, chargeant sans cohérence. Fuyant les capotes, impossible à fixer, il chargea le picador sans possibilité de mise en suerte, sortit seul, revint cogner dans le matelas pour en ressortir aussitôt. Lopez Chaves plaça son picador au toril et le toro chargea et poussa la pièce montée sur une quinzaine de mètres avant de s’en désintéresser. Le picador revint à sa place mais le bicho ne le fréquenta que pour un refilon. Bref, rien à en tirer. Au dernier tiers, pas mieux malgré les efforts de torero qui n’eut d’autre solution que d’abréger. Trois-quart tendida habile pour expédier l’animal qui fut sifflé à l’arrastre. Salut au centre pour Lopez Chaves.

  • Valdellan pour Morenito de Aranda.

 

Toro intéressant mais qui aurait mérité d’être lidié par un torero plus motivé. Quelques véroniques et demie avant une première pique poussée, suivie d’un picotazo, puis d’une troisième ration de fer prise en venant de loin, la quatrième rencontre se soldant par un nouveau picotazo. Brindée a totos, la faena ambidextre s’avéra vite sans grande consistance, Morenito toréant sans grand engagement malgré quelques détails intéressants mais beaucoup trop isolés.Demi-lame tendida sur le côté après deux pinchazos, puis quasi-entière caida. Silence.

  • Los Maños pour Michelito.

 

Un grand toro hélas inédit au derniers tiers. Quatre rencontres avec la cavalerie, en chargeant de plus en plus loin avec beaucoup d’alegria, traversant toute la piste lors de la dernière rencontre. Musique aux deux dernières piques et sortie sous l’ovation pour Gabin Rehabi, sérieux prétendant au prix offert au meilleur picador. Hélas, Michelito prit peur, et après trois naturelles qui nous donnèrent quelques illusions, ce fut la débâcle. Il y avait trop de toro en piste et la lidia du Los Maños, dans les mains d’un matador plus confirmé, aurait sans doute revêtu une toute autre importance. Erreur de casting pour cette affiche. La suite ne fut qu’une succession de coups d’épée dans tous les sens avant trois descabellos qui mirent fin au calvaire du garçon et à celui de son adversaire.

Sifflets pour le piéton et vuelta pour le toro (une récompense que certains contesteront pour absence de dernier tiers. Chacun se fera son opinion). Pour moi, on est passé à côté d’un grand toro.

Départ du palco sous une dernière bronca. A noter l’excellent comportement de la cavalerie d’Alain Bonijol qui est pour beaucoup dans la bonne réalisation des premiers tiers (la jument de cinq ans que montait Gabin provenait de l’élevage d’Alain. De quoi nourrir de légitimes espoirs pour le futur).

Reseña et photos : Paco.