Nîmes. 3 juin (tarde). La pluie et la fausse résistance du palco.

Soirée copieusement et littéralement arrosée avec des toros de Garcigrande ou plutôt un seul, les autres étant du deuxième fer, Domingo Hernandez, pour Curro Diaz, El Juli et Alberto Lopez Simon, devant des arènes garnies aux 4/5.

Évacuons tout de suite le bétail : pas de surprise, en adéquation avec la météo : des limaces baveuses !!

Le paseo a été retardé de 10 minutes pour des raisons de sécurité suite à une petite manifestation illégale de 8 ou 10 anti-tout devant les arènes.

Curro Diaz est le seul diestro à commencer au sec. Son premier adversaire est un toro castaño aux charges brouillonnes qui va, dans un tercio de varas désordonné, prendre une piquette avec le lancier de réserve puis deux avec le titulaire qui va lui mettre une ration au milieu du dos. Le vent se lève et l’orage se déchaîne, rendant même la prise de notes compliquée. Sans pouvoir lier ses passes, Curro Diaz en termine vite par une entière basse. Silence.

Très classique, le maestro de Linares n’a pas paru en forme et repart bredouille malgré quelques jolies séries au deuxième adversaire qu’il couche après trois envois et un avis.

El Juli amène bien vers le centre son adversaire par véroniques. Deux piques très symboliques. Sous une pluie battante, le public se laisse facilement amadouer et le madrilène montre tout son dominio. Une entière de voyou comme à son habitude au deuxième passage. La présidence hésite avant d’accorder une oreille.

Le cinquième, le seul et unique Garcigrande, est une barrique informe économisée par deux piques de moustique. Sur la faena de muleta, la génuflexion sera tout de même de mise. El Juli lui tire les quelques passes qu’il pouvait en sortir et en termine par un laid julipié traditionnel. Silence.

Alberto Lopez Simon, quelconque au capote, envoie son premier cornu pour deux mauvaises piques entrecoupées d’une vuelta de campana. Le jeune débute à genoux, muleta en main droite, bien sûr très vite rejoint à terre par l’animal. L’ensemble ne décolle pas et le maestro en finit par des redondos avant une entière caida. Oreille.

Le sixième fait illusion à la première pique en bousculant la monture du simple fait de sa glissade sous le cheval. La deuxième piqûre confirme la timidité du cornu. A la muleta, exclusivement droitière, Alberto Lopez Simon fait chavirer un certain public et en conclut par des luquecinas et redondos avant une entière basse d’effet très long et deux avis. Une oreille finalement accordée.

Tous les trophées ont semblé être accordés par le palco à contrecœur, mais pourquoi ne pas avoir résisté ?

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi