Vic Fezensac. 3 juin (matin). Singing in the rain.

La sortie du premier utrero de Raso de Portillo déclencha les applaudissements de par son trapio imposant et sa présence en piste.

La bonne impression se confirma après les premiers capotazos lorsque le bicho mit les reins lors des trois rencontres avec le lancier (Gabin Rehabi), lequel fut comme à son habitude très professionnel. Quant à la monture, elle fit preuve d’un équilibre stupéfiant, à la limite souvent de la rupture. Sortie du picador applaudie. Le ton était donné. Hélas Mario Palacios ne se hissa pas à la hauteur de ce grand combattant qui souvent le déborda, la partie de gagne-terrain tournant souvent à l’avantage du quadrupède. Prudent à droite comme à gauche, le novillero le fut aussi lors de la suerte suprême où son engagement fut quasi-inexistant. Quasi-entière de travers après deux pinchazos, six descabellos entrecoupés de deux avis. Arrastre applaudi et sifflets pour le garçon. Un utrero qui aurait mérité meilleur sort. On accordera quelques circonstances atténuantes, vu la météo …

Un anti-corrida sauta en piste au moment du changement et fut rapidement maîtrisé et évacué par le service d’ordre.

Deuxième novillo, moins massif mais plus haut et défiant tout le monde. Miguel Angel Pacheco l’invita à quelques véroniques et demie sur le voyage avant de le présenter face au picador pour une première rencontre prise en brave, comme son frère, renversant le groupe équestre avec violence. Suivirent trois rencontres avec toujours autant de bravoure, l’avant-dernière moins appuyée. La suite fut d’inégale intensité avec des derechazos de bonne facture et d’autres moins aboutis, puis des naturelles servies à l’identique, sans réelle domination mais, il faut le reconnaître, avec une méritoire volonté. Entière caida pour conclure cet ensemble décousu mais non dénué d’une certaine valeur, vu les circonstances. Pétition non validée par le palco, lequel reçut une bronca. Il aurait peut-être reçu une bronca s’il avait donné l’oreille. Difficile d’évaluer cette division d’opinions. Vuelta pour Pacheco avant cessation des hostilités, laissant un peu le public sur sa faim.

Vu la pelea des deux premiers novillos, on aurait bien aimé voir les combats des deux Raso de Portillo restants. La météo en décida autrement. Dommage !

A noter que les deux utreros terminèrent avec des jarrets d’acier et la bouche fermée. Ça nous change des limaces cornues qui arpentent beaucoup de ruedos. Un bain de jouvence pour les aficionados présents à Vic en cette matinée.

« Singing in the rain » (Chantons sous la pluie), les vrais toros sont là et qu’importe les éléments !

Reseña et photos : Paco.