Nîmes. 2 juin. Une première corrida en manque d’émotion.

Ouverture de la Feria de Pentecôte nîmoise avec les toros cardeños de La Quinta, plutôt bien présentés et bien dans le type Buendia, pour Rafaelillo, Manuel Escribano et Roman, dans une chaleur lourde et devant une demi arène. Le bétail manquant de chispa et de caste a plombé la soirée. Une minute de silence fut observée en mémoire de Palomo Linares.

Rafaelillo reçoit son adversaire par un beau farol de rodillas et enchaîne par des véroniques vers le centre. Le bicho prend ensuite deux rations de fer sans conviction et tête haute. Manuel Escribano réalise ensuite un quite par chicuelinas. Le cornu présente déjà une grande faiblesse. Brindis au public avant une faena de muleta pour toro handicapé et une entière en place. Salut.

Face à son deuxième adversaire, le murciano récidive au capote par larga afarolada de rodillas avant de l’envoyer se faire massacrer avec deux piques copieusement et honteusement pompées. Escribano tente un quite brouillon. Brindis à nouveau aux étagères qui ne connecteront pas avec le maestro donnant trop de la voix. Il en termine avec son toro terriblement soso par une entière après pinchazo. Silence.

Manuel Escribano amène bien vers le centre son adversaire bien roulé par véroniques. La première pique sembla le réveiller, mais avec il n’en fut rien avec la deuxième. Après un quite de Roman, Escribano essaya de sortir de la torpeur le public en banderillant notamment al sesgo por dentro à la deuxième paire et surtout par un quiebro al violin sur la dernière. Ovation et brindis au public. Belle entame par doblones puis par derechazos de belle facture. Musique. Le côté gauche resta timide. Mais les séries bien liées conclues par molinetes et une entière caïda font tomber une oreille du palco. Arrastre applaudi.

Face aux hésitations répétés du cinquième, le natif de Gerena l’envoya pour deux rencontres quelconques au cheval avant de tenter de relancer la machine aux banderilles, mais par des passages prudents au large. Devant un absence de caste, le diestro ne trouvant rien à en tirer abrège par une entière basse. Silence.

Roman rate son entame au capote. Les deux piques sont également ratées sans mise en suerte. Tercio de banderilles à nouveau raté. Le jeune débute par la muleta en main droite mais le cornu s’avère très vite distrait et gazapon et impossible sur la corne gauche. Maladroitement, le franco-espagnol tente un recibir, mais loge l’épée dans le flan droit; un pinchazo en finira. Silence pour le maestro et arrastre sifflé.

Avec le dernier de la soirée, rien à dire au capote, deux piquettes sans émotion. Brindis à l’assemblée avant une jolie entame par doblones genou ployé, mais très vite le toro sans fond devient dangereux. Un peu vert, le valencian en termine sans dominio par une entière au deuxième envoi.

Malgré l’unique oreille d’Escribano, la soirée a été bien tristounette et plombée par un bétail ne transmettant aucune émotion.

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi