Alès. 28 mai (tarde). Deux Valverde et Chacon nous payent le déplacement.

Une corrida de Valverde superbement présentée, armée à faire peur, mais inégale de comportement, avec deux toros (1° et 2°) comme on aimerait en voir plus souvent, de ces toros dont on peut dire qu’ils vous payent votre déplacement. 

Le troisième était compliqué et dangereux, les quatrième et cinquième trop vite éteints, le sixième donnant quelques illusions au début pour finalement finir comme les deux précédents. Bref une course qui finit a menos après avoir démarré en fanfare.

Sanchez Vara resta inédit au capote face au premier, un toro qui poussa la cavalerie sur plus d’un quart du ruedo, revenant ensuite par deux fois vers le lancier pour deux autres rations de fer prises en poussant.

Trois vraies piques comme on en voit peu et qui n’affaiblirent guère le bicho qui poursuivit le combat sans ouvrir la bouche ni fléchir sur ses aplombs. Muleta en mains, le torero de Guadalajara se montra prudent lors des premiers muletazos ambidextres, poursuivant ensuite en dessinant quelques valeureux muletazos. Faena un peu besogneuse mais de correcte facture et qui fut conclue d’une lame caida, laquelle n’empêcha pas le public de réclamer son oreille.

Face au quatrième, Vara gesticula beaucoup, donna de la voix tout autant, mais sans parvenir à (me) convaincre. Pas grand-chose à retenir du maniement du capote avant un picotazo et deux courtes rations de fer version light cette fois. Le garçon assura ensuite sobrement  le second tiers avant une faena principalement droitière où Vara compensa par un volume sonore conséquent un engagement des plus modéré. Le torero cita de loin pour un recibir qui prit la forme d’un metisaca dns les flancs avant un bajonazo de catégorie. Silence.

Octavio Chacon persiste dans son souci de qualité. Après quelques véroniques et un revolera, il mena le second vers le cheval pour une grosse pique prise en mettant les reins, poussant la pièce montée jusqu’aux planches dont l’une explosa sous le choc. Une seconde vraie pique conclut le tiers. Le gaditano (natif de Cadix) composa ensuite une faena appliquée et rigoureuse, juste dans sa densité et instrumentée sur les deux cornes. Une grande entière dans tout le haut portée en rentrant droit roula le bicho. Oreille pesant nettement plus que celle accordée précédemment à Sanchez Vara.

Le cinquième, que le garçon accueillit par delantales et revolera, fut ménagé aux piques avec un picotazo trasero et une ration de fer à peine mieux placée. Après un quite par chicuelinas et demie, Chacon se lança dans une (trop) longue faena ambidextre de mas a menos, les forces du bicho déclinant progressivement jusqu’à l’arrêt des hostilités. Entière tendida et puntillero maladroit. Palmas.

Le moins qu’on puisse dire est qu’Alberto Lamelas fut mal servi au sorteo. Le troisième Valverde était un animal compliqué et dangereux que le garçon reçut par bonnes véroniques et demie avant de le faire piquer par deux fois, le Valverde mettant un peu les reins lors de la première rencontre. De charge incertaine, le toro installa dans la piste une atmosphère lourde causée par un risque omniprésent et par la volonté de Lamelas de ne rien lâcher. Faisant des fusées puis freinant et cognant dans l’étoffe, le Valverde fut capté par moments par des muletazos guerriers à porter au crédit du garçon. Une entière caida expédia le mauvais coucheur. Palmas.

Le sixième, après quelques véroniques et demie, poussa sous deux piques puis perdit le moral au dernier tiers et rechercha l’abri des planches. Lamelas insista un peu sur la corne droite dans la querencia mais c’était peine perdue. Trois pinchazos, un tiers de lame à plat et une demi-douzaine de descabellos eurent raison du Valverde. Silence.

Ainsi s’acheva cette Feria de l’Ascension qui connut de bons moments. La Feria 2017 est morte, vive la Feria 2018 !

Nous serons là, si Dios quiere !!

A noter que Sanchez Vara et Alberto Lamelas brindèrent chacun un toro à Madame Cuillé.

Bonne organisation, sous le soleil cette année.

Reseña et photos : Paco.