Alès. 28 mai (matin). Manolo Vanegas a hombros pour sa despedida de novillero.

C’était un ultime défi pour Manolo Vanegas : une mini-encerrona (quatre novillos) pour quitter la catégorie des novilladas avant de recevoir l’alternative le 5 juin à Vic Fezensac.

Pari gagné pour le jeune vénézuélien qui coupe trois oreilles et sort ainsi par la Puerta Grande des arènes du Tempéras. Mais comme dans tout propos, il faut ajouter des nuances, sans que cela enlève forcément du crédit au geste du garçon.

Après remise de divers trophées et cadeaux (prix du meilleur novillero dans le sud-est en 2016 décerné par l’Association des Critiques Taurins de France, remise d’un cadeau par une peña vénézuélienne venue soutenir son torero, et remise d’un album photo de ses parutions à Alès par l’aficion locale), Manolo Vanégas pouvait entamer sa dernière prestation de novillero.

Sortit en premier un utrero de Valverde compliqué, brusque et dangereux. Chez Victorino, on l’aurait qualifié d’alimaña. Long à fixer, tardo à la pique ensuite pour une première rencontre poussée à la limite de l’équilibre de la pièce montée et une seconde ration de fer poussée après avoir obligé le lancier à franchir la ligne d’attaque. La suite ne fut qu’une série de charges désordonnées, à droite comme à gauche, avec un danger omniprésent que le garçon aguanta avec volonté et un brin d’inconscience. Après des muletazos valeureux, Manolo opta pour abréger le débat. Un metisaca latéral, un tiers et une belle entière vinrent à bout du mauvais coucheur.

Le second novillo portait le fer de Philippe Cuillé. Manolo l’accueillit par de bonnes véroniques rématées par une serpentina, puis composa un quite par tafalleras et chicuelinas entre les deux rations de fer prises avec une certaine alegria. Après brindis à sa peña française, le jeune vénézuélien se lança dans une (trop) longue faena ambidextre de mas a menos, bien composée en son début, un peu chiffonnée en son final par excès de zèle. Manolo, qui possède encore un esprit de novillero enthousiaste, devra apprendre à l’échelon supérieur que le mieux est l’ennemi du bien, entendez par là qu’il faut mieux une faena courte et solide qu’un trop long trasteo moins consistant. Final par luquecinas, puis une quasi-entière en place au second assaut. Oreille et arrastre applaudi.

Vint ensuite un novillo de José Escolar, bien dans le type physique de la ganaderia et doté du caractère de la maison, à savoir un bicho qui ne laissait rien passer. Monolo l’accueillit par une larga cambiada de rodillas au fil des planches, poursuivant par véroniques et revolera. Après deux piques correctes, le garçon se lança dans une faena qui pécha un peu (à mon avis) par manque de dominio, Manolo lidiant ce bicho sans l’avoir auparavant suffisamment doublé par le bas. La faena fut donc une partie de gagne-terrain, le piéton et l’animal prenant tour à tour l’ascendant l’un sur l’autre. Faena somme toute méritoire malgré les réserves précédentes et conclue d’une trois-quart en place. Salut.

Le dernier utrero de cette matinale, qui portait le fer de Puerto de San Lorenzo, fut le plus abordable des quatre. Le natif de Salamanca, accueilli par jolies véroniques et revolera, prit deux piques dans un style correct, entrecoupées par un quite de Manolo par chicuelinas et revolera. Le garçon le banderilla lui même en deux poder a poder et violin. Brindée à la peña vénézuélienne, la faena ambidextre fut de bon niveau malgré à nouveau un final plus brouillon que le début. Final par manoletinas et cambiada osée. Belle entière en rentrant droit et deux oreilles ouvrant la Puerta Grande.

Despedida réussie. Il faut maintenant se re-concentrer pour l’alternative toute proche. Suerte !

Reseña et photos : Paco.