Alès. 27 mai. Une concours non dénuée d’intérêt.

La corrida-concours d’Alès avait attiré hier une demi-chambrée d’aficionados venus soutenir les ganaderias françaises engagées dans la compétition. Six fers du sud-est et un du sud-ouest étaient à l’affiche face à une terna internationale composée de l’espagnol Domingo Lopez Chaves, du franco-mexicain Michelito et du français Juan Leal.

Didier Cabanis rendit un hommage à l’issue du paseillo à son ami ganadero et associé Philippe Cuillé dont la mémoire fut saluée par une minute d’applaudissements.

« Escobero » n° 14 de Concha y Sierra, né en mai 2012. Domingo Lopez Chaves.

Un peu long à fixer, il accepta ensuite quelques véroniques, chicuelina et revolera avant de charger par deux fois la cavalerie pour une courte ration de fer suivie d’une pique bien citée de trois-quart. Parvenu au dernier tiers, il garda la tête haute et s’avéra soso dans la muleta du torero de Ledesma qui composa quelques séries ambidextres de bonne facture mais sans transmission. Trois-quart tendida pour en finir avant que le puntillero ne relève l’animal qui finira par se recoucher. Silence.

« Koni » n° 56 de Blohorn, né en novembre 2012. Michelito.

Après quelques véroniques et chicuelina de réception, le bicho fut bien mis en suerte par Michelito pour trois piques bien dosées et bien administrées par Gabin Rehabi et une quatrième donnée au regaton, les trois dernières en partant du centre. Sortie du picador ovationnée, lequel salua les cieux de son castoreño. Le Blohorn, de bonnes dispositions en début de faena, s’avisa ensuite progressivement et se mit à cogner dans la muleta. Si les premières séries droitières furent de bon niveau, les suivantes furent moins fluides, l’ensemble résultant d’une inégale intensité. A gauche le bicho ne voulut ruen savoir et Michelito n’insista pas. Une demi-lame en contournant les cornes après trois tentatives infructueuses vint à bout du bicho. Arrastre ovationné. Palmitas pour le garçon.

« Sevillano » n° 247 de Jalabert, né en avril 2013. Juan Leal.

Après jolies véroniques d’accueil, on vit que l’animal n’était pas très solide sur ses aplombs, ce qui se confirma par quelques chutes lors des deux rencontres avec la cavalerie. Malgré les protestations du public, la lidia se poursuivit jusqu’à la fin du second tiers où le Jalabert perdit un sabot. Juan Leal essaya de le lidier à droite, puis à gauche, en vain. Demi-lame tendida, descabello. Silence.

« Penedor » n° 7 de Cuillé, né en octobre 2012. Domingo Lopez Chaves.

Très vif dès son entrée en piste, le toro se jeta dans le capote de Lopez Chaves qui le soumit par quelques véroniques volontaires et demie. « Penedor » leva ensuite le cheval lors de la première rencontre et insista jusqu’à le jeter au sol. Remis en suerte, il récidiva mais cette fois la pièce montée ne faiblit pas et le lancier pompa un peu avec le fer. Une troisième rencontre sans piquer conclut le tiers. Le torero de Salamanca composa ensuite une bonne faena ambidextre où chaque muletazo fut calculé et dessiné avec une belle intelligence de la lidia, le torero confirmant sa maturité technique au fil des passes. Quasi-entière en place pour le final et oreille « de ley ».

Vuelta méritée pour le bon Cuillé qui rendit le meilleur hommage qui soit à son ganadero.

« Aguariteo » n° 384 de Pagès-Mailhan, né en mai 2013. Michelito.

Bonne réception par le bas de Michelito qui géra ensuite très bien les piques, mettant le bicho à la bonne distance pour une courte première pique, puis le positionnant au centre pour les deux suivantes. Débutée sur la droite par trois séries de derechazos correctes, la faena perdit en intensité à gauche où les naturelles furent brouillonnes, la tentative s’achevant par un désarmé. Après un molinete et une tentative avortée de circulaire inversée, le débat fut clos d’une trois-quart tendida. Puntillero maladroit qui indisposa le public. Arrastre applaudi et silence pour le garçon.

« Tafallero » n° 31 de Camino de Santiago, né en avril 2013. Juan Leal.

RAS au capote puis une pique trasera sur une première charge pas très franche et violente du toro. Deux piques en partant du centre au galop, et à chaque fois un choc violent contre le peto, fer à nouveau en arrière lors de la dernière rencontre. Suivirent ensuite des passes, et encore des passes, sans consistance à droite comme à gauche, Juan Leal accompagnant plus les charges qu’il ne les guidait. Certes le garçon est courageux, on le vit d’ailleurs lorsqu’il revint après une petite bousculade, mais son trasteo manqua cruellement de fond,  les circulaires inversées finales n’ajoutant rien à la sauce. Demi-lame latérale après pinchazo. Silence.

  • Prix au meilleur lidiador : Domingo Lopez Chaves.
  • Prix au meilleur picador : Gabin Rehabi.
  • Prix au meilleur toro : « Penedor » de Philippe Cuillé.

 

A noter la bonne organisation du concours et la belle présentation des six toros tricolores qui n’eurent rien à envier à leurs homologues élevés outre-Pyrénées.

Reseña et photos : Paco.