Séville. 7 mai. Puerta Grande pour Pepe Moral.

Au micro de Toros TV, Pepe Moral confiait que c’était la première fois qu’il combattait les Miura. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître avec une Puerta Grande à la clé, une sortie qui aurait pu se faire par la Puerta del Principe si une épée desprendida malvenue n’avait réduit la récompense au cinquième à un unique trophée.

Face au second de la tarde, le garçon sut très vite trouver le sitio, se croisant et donnant la distance juste d’un côté comme de l’autre. Et si le bicho finit a menos, la faena fut juste et de bonne facture. Oreille après une lame bien portée. Le quinto fut un adversaire brave au premier tiers et noble par la suite, permettant au torero de composer une faena profonde comportant notamment de belles séquences gauchères. L’estocade desprendida ôta une oreille au tableau des récompenses, mais débuter face au Miura à Séville et couper deux oreilles, le garçon ne l’aurait peut-être pas imaginé, même en rêve.

Le premier adversaire d’Antonio Nazaré, chef de lidia du jour, afficha dès son entrée un manque de coordination dans ses charges. Le palco se refusa pourtant à le changer, malgré les protestations du public. Son manque de charge dans la muleta du garçon occasionna une faena décousue, le torero faisant avec les problèmes de son opposant sans pouvoir élever le niveau de sa prestation. Prestation honorable de Nazaré margré un Miura qui le cherchait derrière l’étoffe. Silence après une lame tendida complétée par une poignée de descabellos. Le quatrième, bien piqué par Manuel Ruiz « Espartaco », refusa de s’en laisser conter par la suite et Nazaré eut le mérite de se croiser pour construire une faena de correcte facture hélas mal conclue avec les aciers. Salut.

Gros moment d’émotion lorsqu’Esau Fernandez se fit piétiner lors d’une réception osée a porta gayola. Passant par l’infirmerie, le torero en ressortit avant le dernier tiers, assistant à la cogida de son banderillero Curro Robles qui, par miracle (et/ou par chance) s’en tira sans dommages. Dangereux, l’animal, qui avait tout compris, obligea Fernandez à aguanter ses mauvaises intentions. On devina pourtant qu’il y avait quelque chose à faire avec cet animal avant qu’il ne se casse malencontreusement une patte. Le garçon abrégea. Salut. Le sixième aurait pu laisser une oreille dans le débat. Hélas il s’éteint prématurément, ne permettant que quelques tandas de bon niveau sur les deux bords. Estocade caida au second assaut. Palmas.

(Photo : Arjona)