Bougue. 7 mai. Manuel Diosleguarde remporte le bolsin.

Manuel Diosleguarde, de l’école taurine de Salamanca, a remporté, hier dimanche, le vingt-troisième bolsin taurin de Bougue.

Un titre qui en fait un acteur obligé des novilladas sans picadors de Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan, Vic-Fezensac et Plaisance-du-Gers.

Au matin, ils se retrouvaient, dix élèves des écoles taurines de d’Espagne et de France dont trois Français à affronter, dans une tienta, des vaches du Camino de Santiago.

Manuel Dioslegaurde, dès ses premières passes, a démontré un style très simple et efficace, sachant s’adapter parfaitement au bétail. Il fut complet, dominateur et déjà très professionnel.

Mais dans ce grand tourbillon de dix vaches, les élèves français, Dylan Rimbaud (Arles), Lucas Miñana (Béziers), Dorian Canton (Adour Afición) et El Rafi (CFT-Nîmes) ont souvent été très au-dessus des Espagnols. Il est étonnant de ne pas en retrouver un dans le tiercé de tête… El Rafi y avait totalement sa place. Mais le vote du public, allié à ceux du jury et des membre du Cercle Taurin Soledad, organisateur du bolsin, a eu des raisons que la logique ne connaît pas. Chez les élèves ibériques, Nuñez de Molina (Jerez) et Miguel Sennet Marcos ont eu quelques gestes séduisant.

Furent donc retenus pour la finale, Manuel Diosleguarde, Cristobal Ramos Martinez (Murcia) et Borja Collado (Valencia).

Les vaches de deux ans, apportées par Jean-Louis Darré, ont facilité le déroulement, d’une manière générale. Agréables à la muleta, elles ont eu des comportements divers au cheval, mais sans mansedumbre. Dommage pour les quelques faiblesses qui se sont parfois manifestées.

Finale face aux erales de José Cruz.

Arènes avec une bonne entrée, soleil et quelques nuages, cinq novillos de José Cruz, parfaitement présentés, armures de respect, tous parfaitement nobles mais ne laissant que rarement respirer le novillero.

  • Manuel Diosleguarde (bleu clair et or), au premier, une entière, avis, trois descabellos, vuelta ; au quatrième, trois pinchazos, une demi-lame, deux avis, silence.
  • Cristobal Ramos Martinez (bleu marine et blanc), au deuxième, une entière, avis, silence ; au cinquième, une entière, silence.
  • Borja Collado (blanc et or), au troisième, un pinchazo, trois-quarts de lame et cogido, silence. Eliminé du concours.

 

Manuel Diosleguarde, comme on l’avait vu le matin, manifesta une parfaite maîtrise à la cape face à ses deux erales. Tout comme lorsqu’il prendra la muleta, il ne perdra jamais un pouce de terrain. Lorsque le garçon prend la main gauche, il devient rapidement extraordinaire… Ses changements de mains, des moments irréels, d’inimaginables rêves.

Il fut pareil ensuite… Plus peut-être car l’animal avait une sérieuse personnalité, lourd et impressionnant. Avant de combattre il avait brindé à Borja Collado qui venait d’être éliminé du concours. Un autre échec à la mort nous privait de trophée et d’une sortie en triomphe. Mais le jury n’avait pas oublié sont style et son professionnalisme.

Cristobal Ramos Martinez, ne s’est jamais bien trouvé devant ses deux adversaires, un manque de confiance, une responsabilité trop lourde en raison de l’importance du concours, mais le garçon n’a jamais démontré l’aisance du matin. A la cape, à la muleta, il ne fut jamais mauvais, mais sans jamais témoigner du moindre génie, d’inspiration ou d’improvisation. Certes il a tenté de nous convaincre par ses naturelles, mais le cœur n’y était pas et avec son second novillo, par moments il fut brouillon. Dommage car le fond de ce garçon est sûrement bien meilleur que ce qu’il a montré dimanche.

Borja Collada, même s’il est entré dans l’ultime tiercé, a paru être le mal aimé du jury. Il avait tout de même sa place pour un second eral ! Sa tauromachie très à l’aise sur les deux mains, avec des changements impeccables a surpris et séduit… mais pas tout le monde. Mais Borja a touchét quelques organisateurs du Sud-ouest et on devrait le revoir au cours de l’été.

Un bolsin, toujours très sérieux et qui reste une référence dans la tauromachie jeune.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.