Séville. 30 avril. Ventura et Galan coupent une oreille chacun. Léa se recentre.

Devant des toros de Fermin Bohorquez bien présentés, approchant les 600 kg, avec de la tête, nobles mais au comportement disparate, manquant souvent de détermination dans leurs charges. Le plus compliqué, tardo, incertain, distrait, fut le second de Ventura ; le meilleur, le 6ème, opposé à Léa Vicens.

Interrogé au micro de Toros TV, Ventura dira que si on ne change pas l’encaste il ne reviendra plus à Seville.

Sergio Galan (photo du haut), le chef de lidia, sortit des jeunes chevaux dont il s’est dit satisfait. Il reçu son premier dans le couloir des chiqueros. Il posa un castigo à selle passée. Avec Embroque, Titan et Oléo il assura une bonne faena de banderilles, un peu précipitée toutefois. Un rejon de mort descorda « Pionero ». Silence.

Galan toréa le 4ème avec plus de maîtrise et de réussite. Il coupa une oreille. Une bonne paire à deux mains avec Apolo est à mettre à son crédit.

Diego Ventura, au sommet de son art, reçut magistralement avec Lambrusco. Les recortes du bai et sa façon de faire face, la tête litteralement face aux cornes, lui permirent de clouer un castigo à l’étrier. Malgré un Bohorquez distrait et qui décrochait facilement, Nazari l’embarqua dans des déplacements latéraux que beaucoup copient et que peu égalent : une banderille arrêtée et une de loin, citée de face au terre-à-terre. Avec Fino, deux banderilles au quiebro. Pour finir avec deux roses et une lame sur Bombon qui lui valut une oreille avec forte pétition de la seconde.

Diego brinda son second adversaire au Juli. Il alla se placer face au toril a porta gayola, pour clouer dès la sortie de Numeroso. C’était sans compter sur le pire des Bohorquez de la tarde. Il fallut tout le talent de Ventura, la dextérité et l’aguante de son cheval de salida, Anejo, pour rester dans le terrain du bicho. Il cloua avec détermination un puis deux castigos. Il banderilla de face avec Sueno et Chalana, et sortit le grand jeu avec Dolar, à qui il quitta la bride, pour une belle paire de banderilles à deux mains clouées de face, les palos joints. Une demi-lame précéda une entière et un descabello. Malgré une grande faena et une forte pétition, il ne fut récompensé que d’une ovation.

Léa Vicens, élégamment vêtue d’une chaquetilla gris anthracite brodée de noir, reçut Tango avec son fidèle Bach. Trois banderilles avec Betico, la seconde al violin ; la première de Bazuka fut bonne, tout comme les deux roses de Gréco. Le toro se coucha et compliqua la suerte suprême qui se solda par deux essais au rejon et deux descabellos.

Avec le 6ème, le meilleur du lot, Léa prit confiance et toréa a gusto, châtiant toujours avec Bach. Gacela fut l’auteur de deux quiebros intéressants. Bonnes banderilles de Bético, la 3ème al violin. Deux roses sur Deseado après piaffer et levade avant plusieurs tentatives infructueuses au rejon de mort, la privant de trophée.

Reseña : Freddy Porte. Photos : Arjona