Aire-sur-l’Adour. 1er mai (tarde). Des novillos de combat et une oreille pour Salenc.

Aire-sur-l’Adour. Un gros quart d’arène, nuages et fraîcheur, deux heures trente de spectacle.

Six novillos de María Cascón Martín, deuxième fer de Juan Nicolas Fraile, croisement Atanasio Fernadez, Lisardo Sanchez, très bien présentés, lourds, bien armés, souvent d’aspect de toros, tous deux piques, à l’exception du troisième, trois châtiments, compliqués et dangereux à la muleta, mais permettant des faenas de courage.

  • Mario Palacios (vert et or), au premier, une entière, silence pesant ; au quatrième, trois quarts de lame, un avis, silence indifférent.
  • Leo Valadez ( blanc et or), au deuxième, deux pinchazos, une atravesada, un quart de lame, deux descabellos, avis, silence ; au cinquième, deux pinchazos, une entière, avis, silence.
  • Adrien Salenc (rioja et or), au troisième, un pinchazo, une entière, avis, vuelta après pétition d’oreille ; au dernier, une entière, une oreille.

Après les incertitudes du temps, finalement la novillada d’Aire-sur-l’Adour a pu se donner dans d’excellentes conditions après l’annulation de la capea du matin. Une novillada qui a permis d’apprécier les novillos de María Cascón Martín, qui ont tous donné un jeu excellent et intéressant, avec chaque fois beaucoup de piquant. Tous excellents à la pique. Une novillada « entretenida » et passionnante.

Mario Palacios n’aura pas marqué beaucoup de points avec ce contrat en France. Il sera passé sans marquer les esprits, dans une indifférence quasi-générale. Très moyen à la cape avec le toro d’ouverture, il ne nous marquera pas davantage à la muleta, toujours très superficiel, se retrouvant torero comme par hasard… On opta pour quelques secondes de rêve avec le second, car à la cape il signe une larga à genoux et une belle série de véroniques. Mais à la muleta ce ne fut qu’une faenita de pueblo, sans rythme et sans la moindre tenue, rapidement très ennuyeuse.

Leo Valadez ne fut pas le soleil que l’on attendait. Bien à la cape, sans vraiment dominer, il attendra de prendre la muleta pour s’imposer et peser sur le toro. Progressivement il s’imposa avec une bonne faena sur les deux mains, faisant humilier son adversaire avec une muleta très basse. Son échec à la mort le privera de tout espoir de récompense. Quand il reviendra, il sera un moment débordé à la cape par un toro compliqué et agressif. Un animal qu’il aura beaucoup de mal, par la suite, à dominer. Mais il fera ressortir d’excellentes qualités de lidiador et terminera par une série de derechazos, lents et profonds.

Adrien Salenc obtiendra finalement une oreille d’une présidence très dure. Le Français, sans intérêt dans son premier tercio de cape, sera très complet à la muleta, et signera des naturelles parfaites et profondes. Son défaut sera de faire trop durer cette faena où, malgré ses qualités, il finit par baisser de rythme… Une oreille pouvait le récompenser, mais il devra se contenter d’une vuelta. Il revient avec une afarolada à genoux et quelques véroniques avant d’être un peu débordé. Par contre la faena, commencée par quelques passes à genoux, est rapidement dominatrice. Sur la main droite, très basse et lente, il est parfait, même si la musique se refuse à jouer. Mais son estocade conclura un bon moment de tauromachie qui sera enfin récompensé d’un pavillon.

En ce premier mai à Aire il y avait un grand lot de toros et deux garçons, Valadez et Salenc, courageux et talentueux. Un agréable moment.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage-photos : Romain Tastet.