Zaragoza. 23 avril. Deux oreilles au prix du sang pour Curro Diaz.

La corrida de Luis Algarra est sortie très bien présentée et trois toros ont donné du jeu, les 1°, 4° et 5° qui se détachèrent du lot.

Précisément deux toros qui constituaient le lot que le sort attribua à Curro Diaz, lequel signa une première faena ambidextre d’une exquise élégance et dont les meilleures séquences furent dessinées avec la main gauche. Mais hélas le torero de Linares pincha sur une banderille avant de loger une bonne lame qui occit le bicho sin puntilla. Curieusement le palco ne valida pas la forte pétition et la récompense se réduisit à une vuelta fêtée. Le seconde faena de Curro Diaz mit la barre encore plus haut, et le trasteo fut tout entier empreint de cette toreria savoureuse faisant presque oublier la technique consommée sans laquelle rien ne serait possible. Grande entière dans tout le haut et en rentrant droit, le garçon payant sa franchise d’une cornada deux trajectoires dont une de 15 cm dans la cuisse droite (pronostic grave). Assis sur l’estribo, le garçon attendit que s’écroule son adversaire, celui-ci lui laissant en mains ses deux oreilles.

Paco Ureña lidia en premier un toro possédant plus de façade que de fond. Faena de correcte facture du murciano mais de peu de transmission à cause de la spseria de l’opposition. Silence après une épée défectueuse. Le quinto fut de meilleure composition, sans être d’une grande qualité, et Ureña mit beaucoup d’entrega et tout son savoir pour en tirer une faena de haut niveau rématée par une estocade des plus sincères mais hélas longue d’effet, ce qui refroidit un peu l’enthousiasme du public. Salut après une petite pétition.

Ginés Marin aurait pu couper une oreille du troisième. Après un bon début au capote puis une belle entame de faena sur la main gauche, son adversaire s’éteint et réduisit ses charges. Le jeune homme se positionna en vain dans les terrains de proximité avant de se résoudre à abréger le débat (silence).  Le sixième, invalide, fut remplacé par un sobrero du même fer. Noble mais sans transmission, il ne permit au piéton que quelques séquences de bonnes facture (nouveau silence).