Carnet noir. Décès du matador Palomo Linares.

On l’a appris en fin d’après-midi : le maestro Sebastian Palomo Linares est décédé des suites d’une opération à coeur ouvert.

Sebastian Palomo Martinez, dit Palomo Linares, était né le 27 avril 1947 à Linares, une cité minière dont il prit le nom. Fils de mineur, il débuta sa vie professionnelle comme apprenti cordonnier. Pris par la passion des toros, il commença à courir les tientas de sa région d’origine avant de se présenter en 1964 à Vista Alegre (Madrid) dans le cadre des courses de l’Oportunidad organisées par les Dominguin et Lozano. Il est aussitôt remarqué par les organisateurs (Lozano) qui deviennent ses apoderados et le font débuter en piquée à Ondara (Alicante) le 3 janvier 1965 aux côtés d’El Inclusero et Vicente Punzon face à des utreros de Nuñez Guerra. Suivront en cette saison 65 plus de 70 novilladas dans toute l’Espagne.

Alternative le 19 mai 1966 à Valladolid, Jaime Ostos lui cédant le toro « Feillo » de Salustiano Galache en présence de Mondeño.Suivront 49 corridas, puis 39 l’année suivante, une baisse due à une blessure subie à Castellon de la corne d’un Palha.

Confirmation le 20 octobre 68 dans la Mexico, une saison qui vit aussi sa présentation à Séville où il assura deux contrats. Il lui fallut attendre le 19 mai 1970 pour confirmer à Madrid, un passage qui aurait dû avoir lieu plus tôt si El Cordobés ne lui avait pas pris sa place pour la corrida de Galache qu’il voulait tuer pour sa première parution de matador à Las Ventas. Cette année 70 consolida sa place parmi les figuras avec des triomphes importants, notamment à Madrid mais aussi dans la Maestranza. Pour mémoire, l’année 69 avait vu Palomo Linares et El Cordobes défier les empresas en montant eux mêmes leur propre temporada dans des arènes marginales.

Palomo Linares fut le torero des grands défis, s’essayant à toréer douze toros le 22 mai 71 à Vista Alegre, la corrida s’achevant après la mort du neuvième toro à cause de la pluie. Il remit ça six jours plus tard, toréant en matinée et en soirée douze toros de différentes ganaderias auxquels il coupa douze oreilles et trois queues.

Il fut aussi celui qui coupa un rabo à Las Ventas le 22 mai 1972, un trophée qu’aucun torero n’avait obtenu depuis 1934. Après des temporadas d’intensité varable,  il fit ses adieux lors de l’hiver 81-82 aux Amériques. Il réapparut à Cali en décembre 82, puis à Lima en octobre 83 avant de re-toréer en Espagne de façon plus discrète.

Nouveau départ en juin 85 à Granada, puis après de nombreuses parutions en festivals, retour dans les ruedos en juin 93 pour une encerrona télévisée. Après une paire de temporadas comportant moins d’une vingtaine de corridas chacune, il endossa une dernière fois le costume de lumières  le 11 août 1995 à Benidorm.

Il se consacra ensuite à son élevage acquis en 1966, mais aussi à la peinture, son autre passion. Il fut aussi le mentor de quelques toreros.

On l’aperçut à Nîmes lors du solo de Sébastien Castella, lequel lui brinda l’un de ses toros (photo du haut).

Palomo Linares allait avoir 70 ans. RIP.