Lunel. Zocato aux Rendez-Vous des Aficionados a Los Toros.

capture-decran-2016-11-20-a-16-47-56La salle Castel de Lunel s’était copieusement remplie pour assister au solo de Vincent Bourg « Zocato » auquel les organisateurs avaient donné « Carte blanche ».

Personnage à la verve sans pareille, « snipper de mots » comme le surnomment les membres des Avocats du Diable, c’est dans ses souvenirs et son vécu que notre conteur est allé puiser l’inspiration pour nous faire voyager des palombières du sud-ouest aux arènes sud-américaines en passant par celles de Las Ventas.

Un périple d’une heure quinze durant lequel Vincent évoqua, via la couleur blanche (carte blanche) ceux qu’il appelle « les allumés de la tauromachie » :

  • Ricardo Chibanga, torero noir du Mozambique, perdu lors d’une nocturne dans des arènes du sud-ouest lors d’une panne d’électricité et seulement repérable grâce à ses dents blanches et à son costume blanc.
  • El Cartagenero, qui avait l’habitude d’arriver en parachute dans les arènes, et qui tomba dans la mer suite à un coup de vent qui l’entraina loin de la plaza de toros située près du rivage, et qui, dit-on, fut mangé par un requin.
  • Diego Bardon, novillero, qui lors de desplantes faisait manger au toro une endive blanche (carte blanche) qu’il sortait de sa chaquetilla.
  • un novillero qui, en nocturne à Saint Vincent de Tyrosse, avait utilisé une muleta blanche (carte blanche) car il pensait que de nuit le toro la voyait mieux. Faux bien sûr, car l’animal charge ce qui bouge …

capture-decran-2016-11-20-a-16-47-19Vincent nous narra aussi quelques anecdotes cinématographiques comme par exemple celle concernant Franck Sinatra voulant faire exécuter par jalousie par ses amis siciliens, Luis Miguel Dominguin, qui séduisait les actrices hollywoodiennes (Ava Gardner, Kim Novak, …) et autres stars  comme Romy Schneider.

On retrouva aussi dans ses nombreuses histoires une personnalité du monde taurin du sud-ouest, Claude Mounic, construisant de ses mains avec des amis, une arène en parpaings pour y faire estoquer un novillo afin que la tradition perdure en Gironde, spectacle au cours duquel sortit en piste Déborah, la vache sauteuse d’Angel Ruiz, porteuse d’une lune blanche (carte blanche) sur le front qui s’évada et qu’on ne rattrapa que bien des jours plus tard après bon nombre des péripéties.

Le chèque en blanc (carte blanche) donné par Don Livinio Stuyck, empresa des arènes de Madrid, à Manuel Benitez « El Cordobés », mais aussi le chèque en carton blanc de grandes dimensions reçu par Vincent pour avoir gagné le Prix Hemingway en 2008 et qui faillit lui valoir d’être attaqué et détroussé.

On eut droit également à la description de la personnalité du torero britannique Franck Evans « El Ingles », à l’histoire de la montera de José Ortega Cano égarée lors d’un voyage à Cali, à celle de l’article de Vincent traduit en chinois, à celle de l’arrestation de Rafael de Paula à Madrid pour avoir refusé de tuer son toro et dont l’amende fut réglée par le commissaire de police, à celle du tournage de l’émission  de France 3 « Signes du toro » avec Enrique Ponce, à l’évocation du mariage des aïeux de Vincent, et pour terminer à l’histoire émouvante de l’ancien apoderado de Patrick Varin, Jean-Claude Biec, devenu aveugle et qui souhaita toréer lors d’une tienta avant de mourir, l’ensemble ponctué de détours avant de revenir au sujet.

Bref un ensemble savoureux à déguster sans modération.

Enfin un conseil aux aficionados, « laissez vous guider par vos émotions lorsque vous êtes dans une arène, le reste importe peu et vous ne vous tromperez pas !« 

Un solo débuté et terminé par la chanson « Jolie Moumé du Japon Parfumée … » avant de se retrouver autour du verre de l’amitié.