Avant Vauvert samedi, répétition générale pour Camille Juan.

unnamed-10Camille Juan, affrontera six toros d’Olivier Fernay en solitaire, samedi 1er octobre dans les arènes Jean Brunel de Vauvert. En attendant. Pour préparer ce grand rendez-vous, il a toréé deux pensionnaires de l’éleveur des “Jasses de la ville”.

Deux toros massifs aux armures affutées, de robes différentes ont été sortis du campo pour gagner la placita de tienta proche du Mas. Les banderilleros de Camille, s’affairent avec les trastos du maestro, Jean-Loup le picador teste sa monture pendant que les toros choisis attendent dans la pénombre du toril. « Dans ma situation, comme j’ai été absent des ruedos pendant presque deux ans, José Manrubia mon ami et conseiller m’a dit qu’il ne faut pas rester comme ça, il faut qu’il se passe quelque chose, je dois créer l’évènement ! Il faut toréer dans une arène importante. L’idée nous est venue de ce seul contre six…” formule Camille Juan quelques instants avant que ne sorte un toro corpulent et peu commode pour débuter cette opportunité.

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Entraînement à la carte

Vêtu d’un costume campero, concentré et appliqué,  cape puis muleta en mains, le matador fait monter de l’arène quelques satisfécits de ses duels face aux toros bravos de 500kg qui entrent et se succèdent. Du pourtour de la placita, où l’éleveur avec quelques initiés ont pris place, résonnent quelques encouragements et, tant pis si le toro n’est pas à la hauteur, c’est la règle, parfois, du jeu. Camille est venu « préparer la corrida de Vauvert. “S’entrainer en live c’est ce qui convient le plus à ce je devrais faire samedi”, glisse à voix basse Camille Juan

unnamed-12Attentif au comportement des toros, surtout à la force et au caractère de l’animal… En fait tout ce qui peut être important pour le torero et l’aficionado. La plus grande difficulté quand on n’a pas toréé depuis longtemps, pour Camillec’est la gestion émotionnelle, ne pas se laisser aller, ne pas se brûler (..)  Si un toro ne sert pas, ne pas se prendre la tête et se dire que cela va être difficile ! Il faut arriver à être un maestro du début jusqu’à la fin !”

Pour chaque jour, son préparateur physique Jonathan Massabau lui a concocté un programme spécifique. Il doit effectuer un jour 10 kilomètres de footing, un autre, il alterne avec des fractionnés, pour travailler le cardio et les accélérations. En continuation trois heures de toréo de salon. En conclusion, vient une cinquantaine de coups d’épée au carretón. Entraînement presque classique, pour un matador de toros ! Au sujet du bétail : “ c’est une période compliquée pour les ganaderos, il ne reste plus beaucoup de toros au campo ! J’ai la chance d’avoir un ami Fabien Alexandre qui possède une ganaderia, il m’a permis de tienter tout son bétail. J’ai testé une vingtaine de vaches et tué 6 à 8 toros pour détenir du rythme et respecter le tempo.”

unnamed-13Un défi pour le nîmois

Il doit prouver aux organisateurs, et aux aficionados, que malgré une interruption importante des arènes, il a progressé et sait lidier avec courage et valeur une corrida de toros. Le pourquoi du choix de l’élevage Olivier Fernay (origine Jandilla / Victoriano del Rio) : “ c’est un élevage qui travaille beaucoup, de garantie qui a fait de gros investissement depuis plusieurs années. Je savais qu’il possédait une belle corrida au campo”. Au sujet de ce rendez-vous, on note deux accents, le geste taurin d’une part pour l’aficion avec une participation à un euro minimum, geste décrié par certains aficionados, évoquant une dévaluation de la corrida ! A ce propos le  maestro rétorque : “ il n’y a pas que l’argent qui a de la valeur, ce qui dévalue la corrida c’est le spectacle proposé dans les arènes (..), d’autre part, je vais reverser tous les bénéfices à l’association “ Courir avec Sarah”,  je connais bien la petite fille polyhandicapée, c’est l’aspect caritatif.”

A partir de maintenant que vas-tu faire ? Je vais m’isoler, me mentaliser, continuer à m’entraîner, prendre un peu de repos car je suis allé puiser au fond de moi-même lors des derniers entraînements.

unnamedCamille espère que l’aficion va se mobiliser… “Voir une corrida à ce prix de nos jours cela n’existe pas, elle qui constate trop souvent qu’il y a de moins en moins de monde aux arènes, c’est pourquoi j’espère que l’on va remplir les 3300 places de la plaza de toros de Vauvert. Ce serait dommageable qu’il n’en soit pas ainsi, j’ai tout mis en œuvre pour que cela soit une réussite aussi bien professionnelle que personnelle (..) Dans tous les cas, je serai au rendez-vous du samedi 1er octobre!”

L’exigence et le sacrifice de Camille Juan seront-ils suffisants pour relancer sa carrière ? Rendez-vous à 15h30 pour le paséo à l’heure où les arènes se partage l’ombre et le soleil.

Texte : Christian Cartoux.
Photos : Yves Porras et Laure Crespy.