Mimizan. 20 août. Les Yonnet laissent une seule oreille dans les mains de Thomas Dufau.

unnamed-2Jolie petite entrée, soleil et vent frais, deux heures trente de spectacle, paseo retardé de vingt minutes pour absence de médecin.

Sept toros des héritiers de Hubert Yonnet, remarquablement bien présentés, bien armés, le second remplacé par un sobrero du même fer, pour invalidité. Tous deux piques, sauf le cinquième, un seul châtiment. Toujours braves dans le combat avec le cheval. A la muleta s’éteignant vite et devenant très compliqués.

  • Morenito de Aranda (rose et or), au premier, trois-quarts de lame, avis, silence ; au quatrième, deux pinchazos, une entière, avis, silence.
  • Pepe Moral (bleu pâle et or), au deuxième, une entière, silence ; au cinquième, un pinchazo, une entière, un descabello, silence.
  • Thomas Dufau (rouge et or), au troisième, un quart de lame, un descabello, silence ; au dernier, trois-quart de lame, une oreille.

Il aura fallu attendre le dernier toro de la course de Mimizan pour voir, enfin, une oreille tomber dans les mains de Thomas Dufau. Il faut dire que le garçon l’a gagnée de haute lutte en contraignant au combat cet ultime Hubert Yonnet. Thomas éclairait enfin cette tarde… que l’entrée en piste de chaque toro illuminait d’un puissant éclair de violence et d’agressivité, avec un remate impressionnant sur le deuxième burladero, à droite de la sortie du toril. Le président Guy Larrazet avait rendu hommage à Véronique Podesta, représentant Jean-Louis Darré, pour l’excellence des lots fournis les années précédentes et à Charlotte Yonnet pour son travail à la tête de la ganaderia.

unnamed-3Morenito de Aranda, dans son style précieux, avait ouvert les hostilités avec « Salinero », un quatre ans qui ne permettait guère plus qu’une faena superficielle. Jamais Morenito ne put prendre la gauche avec conviction, sauf à quelques minutes d’une composition qui devenait interminable. Ce ne fut pas mieux en suivant avec un animal qui ne tarda pas à montrer des signes évidents de faiblesse, deux chutes, un train arrière qui se bloque un peu plus à chaque passe, Morenito en termine rapidement, même s’il écope d’un avis. Un passage qui sera vite oublié.

unnamed-4Pepe Moral, dans la suite de son succès à la feria de Dax, entre en piste avec une énorme volonté mais on devra changer son premier adversaire, train arrière bloqué, avant qu’il n’ouvre avec « Campesino » une grande série de huit véroniques, amples, lentes et rythmées. Une demi-passe d’école pour parachever l’ensemble et un début de faena qui va courir sur les deux mains, sans toutefois une parfaite maîtrise de l’animal. Pepe Moral reviendra pour un autre tercio de cape, frisant la perfection… Mais les bonnes choses n’iront pas plus loin. De par la faiblesse du toro qui s’écroule dès les banderilles et ne répète pas dans la muleta. Le torero doit arracher un semblant de faena, passe après passe.

unnamed-1Thomas Dufau avait démontré quelques velléités de victoire face à un premier de cinq ans d’âge avec lequel il avait été sous de bons jours à la cape. Mais là aussi, un « Impaciente » tardo qu’il faut solliciter sans fin pour qu’il mette enfin la tête dans la muleta. Difficile de voler quelques passes, surtout à gauche où Thomas ne semble pas très à l’aise. Les choses semblent se reproduire avec le dernier combattant. Mais soudainement Thomas entrevoit une opportunité et il se lance à l’assaut. Ce toro, il va pratiquement l’inventer, le contraignant à revenir dans la muleta une fois passé. Il y a quelques pechos d’illustration qui viennent pimenter le tout… et permettent de cacher la faiblesse de l’animal. Thomas est à l’aise et plutôt parfait… La musique sonne. Il tient sa victoire à Mimizan. Il ne manquera pas la mise à mort. Thomas se sauve et enchante ses amis.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.