Béziers. 15 août (tarde). Triomphe de Rafaelillo.

_DSC1822La traditionnelle corrida de Miura de Béziers n’a pas compté par la qualité du bétail mais par l’engagement de Rafaelillo qui s’est taillé un beau succès en coupant trois oreilles.

Les Miura n’ont plus guère que leur physique pour se différencier des autres ganaderias car ils n’ont plus le caractère qui faisait d’eux un élevage à part. Il sort de temps en temps quelques exemplaires du fer qui nous rappellent ce qu’ils furent dans les années 80. Si ce n’était des Miura, ils seraient certainement sifflés pour leur comportement, mais le mythe persiste. Pour combien de temps ?

_DSC1658Rafaelillo a joué face à son premier sur cette corde. Le bicho n’était pas un fauve, loin de là, mais le murciano fit croire au public par un combat démonstratif qu’il était en train de lidier un monstre. Certes par son trapio l’animal était impressionnant (661 kg) mais il était creux. Rafael le reçut par deux largas des rodillas, le fit piquer par deux fois sans que le cornu s’emploie dans le peto, puis nous servit une faena ambidextre rageuse laissant penser à une guerre de tranchée. Le public s’y laissa prendre qui lui fit accorder une oreille après une trois-quart foudroyante. L’épée pourrait la justifier, le cinéma de la faena non.

_DSC1759Le second combat du murciano fut d’un autre niveau. Nouvel accueil par larga, véroniques et demie, puis deux piques correctes par la suite. De plus de présence que le premier, ce quatrième Miura permit à Rafaelillo de jouer une partition plus sérieuse. La faena débutée par deux derechazos de rodillas prit corps à droite, puis s’étoffa à gauche, culminant sur trois naturelles de face dessinées en toute loyauté. Rafael agrémenta son trasteo d’une trincherilla par ci, d’un molinete par là, finissant sur une circulaire inversée avant de s’élancer droit pour tuer d’une grande épée dans la croix. Deux oreilles que cette fois on ne contestera pas, ce qui n’est pas le cas de la vuelta un peu généreuse accordée à l’animal.

_DSC1671Mehdi Savalli avait à coeur de triompher. Ainsi il se mit à genoux face au toril pour recevoir le second de la tarde. Larga a porta gayola, véroniques et demie pour un accueil qui fut suivi de deux courtes piques, l’arlésien accompagnant le bicho par chicuelinas al paso lors de la première mise en suerte. Il cloua ensuite les banderilles en poder a poder, violin al sesgo por fuera et quiebro, encouragé par un public tout acquis à sa cause. Hélas le Liura avait tout donné et après les trois premières séries ambidextres il cessa de charger. Rien n’y fit et Mehdi termina maladroitement d’une lame dans les côtes suivie d’un bajonazo. Salut pour la volonté.

_DSC1801Le quinto fut reçu par deux largas cambiadas de rodillas avant de s’employer correctement au cheval lors des deux rencontres règlementaires. Mehdi reprit ensuite les bâtonnets pour deux poder a poder et violin al sesgo por fuera. L’arlésien composa ensuite une faena de correcte facture où il courut bien la main sur les deux cornes, terminant par une trois-quart en place efficace. Oreille légitime.

_DSC1724Alberto Lamelas est à créditer d’une sortie décevante. Certes volontaire, il s’agita beaucoup mais toréa peu, ne terminant pas ses passes et s’envoyant souvent les toros dessus. Il accueillit valeureusement le compliqué troisième par deux largas dont une a porta gayola, le fit piquer par trois fois (puyas longues et pompées prises en poussant) puis débuta une première faena sans grande consistance où il multiplia les desplantes pour faire oublier le fond. Palmas après trois-quart en place et deux descabellos.

_DSC1817Le sixième prit aussi trois piques après les capotazos de réception, puis fut convié à une nouvelle faena brouillonne dont on ne retiendra que la conclusion par une entière en place. Silence. Une sortie à oublier pour le garçon qu’on a vu en d’autres circonstances plus à son avantage.

Sortie a hombros pour Rafaelillo.

Reseña et photos : Paco.