Béziers. 13 août. Castella maître sur ses terres.

_DSC1211Les arènes du Plateau de Valras s’étaient convenablement remplies (4/5) pour cette deuxième corrida de la Feria d’août qui voyait Sébastien Castella fouler le sable pour la seconde fois consécutive.

Si hier son passage par la plaza biterroise s’était soldé par un résultat mitigé du fait du peu de consistance du bétail, cette fois le torero a affirmé qu’il n’était pas aux avant-postes de la toreria par hasard.

Les toros de Nuñez del Cuvillo, sans être des foudres de guerre, ont joué le jeu et ont permis aux trois toreros de s’exprimer, chacun dans son registre. Tous passèrent par le lancier pour une pique et un picotazo, à l’exception du cinquième qui prit deux rations de fer normales en poussant le groupe.

_DSC0889Sébastien Castella débuta la tarde par la lidia d’un Cuvillo à la charge désordonnée qui ne lui permit rien au capote. Muleta en mains, il eut à composer avec un bicho qui derrotait et cognait dans l’étoffe. Le biterrois corrigea le défaut en faisant humilier l’animal et parvint à lui garder la tête dans la muleta. Ce fut la plus grande qualité de cette première faena ambidextre que Sébastien clôtura par une entière trasera et tendida, se faisant bousculer sans mal au passage. Salut au tiers.

_DSC1082Après avoir vu ses compagnons de cartel couper chacun une oreille, Castella ne pouvait en rester là. Le quatrième Cuvillo l’aida dans ses projets de conquête, au capote d’abord où il fut convié à d’excellentes véroniques, toutes de temple et de douceur. Après ce capeo de soie et un quite de Talavante par véroniques, Sébastien signa une entame de faena époustouflante, enchaînant plusieurs passes cambiadas sans céder un pouce de terrain puis, sans pause, s’enroulant le bicho à la ceinture, libérant l’animal par un pecho souverain. Les séries ambidextres qui suivirent furent somptueuses,  dans un registre classique où tout se conjugua pour que l’oeuvre soit ciselée par un maître-torero orfèvre en la matière, le poignet et la ceinture associés à une tête bien faite imprimant douceur, et temple à chaque muletazo. La séquence encimista finale, bien qu’attestant de la totale domination de l’homme sur son opposant, gâcha un peu (à mon avis) l’esthétique de l’ensemble. Après une série de manoletinas, Sébastien s’engagea derrière l’épée qu’il laissa un peu à plat et en arrière du point d’impact idéal, recevant une nouvelle fois un plat de corne au niveau du thorax. Deux oreilles indiscutables qui lui ouvrent la Puerta Grande.

_DSC0966Alejandro Talavante accueillit son premier Cuvillo par delantales et demie, le laissant ensuite dans les mains de Roca Rey pour un quite par tafalleras, faroles et revolera. A signaler une excellente paire de banderilles de Juan José Trujillo clouées dans le berceau et qui auraient dû lui permettre de saluer. Débutée par une statuaire et quelques derechazos, la faena se poursuivit à gauche par deux bonnes séries de naturelles, la seconde conclue par trincherillas d’école. L’extremeño alterna ensuite les deux bords, glissant une capeina par ci, un kikiriki par là, terminant par manoletinas un ensemble manquant un peu de fond. Entière caidita, descabello et une oreille (un peu protestée) qui sembla surprendre le diestro lui même.

_DSC1153Initié par bonnes véroniques et demie, le second trasteo de Talavante eut plus de consistance. Après un nouveau quite de Roca Rey par chicuelinas et revolera, c’est genoux dans le sable que le torero de Badajoz débuta sa faena par derechazos, naturelles et pecho. Alternant les deux cornes, Talavante construisit une faena sérieuse, classique, à base de muletazos profonds mais qui laissèrent relativement de marbre un public plus habitué au clinquant qu’à l’authentique. Entière tendida et trasera après luquecinas finales. Salut au tiers (personnellement j’aurais inversé les récompenses).

_DSC0998Andrés Roca Rey est un jeune torero qu’on a plaisir à voir en piste. Après une campagne américaine riche en succès, il a enchaîné une temporada européenne tout aussi pléthorique en récompenses. On se demande comment le garçon arrive à tenir le rythme. Les avantages de la jeunesse ! Capote en mains, le troisième lui permit quelques véroniques près des tablas, puis un joli quite par saltilleras et revolera. La faena, débutée par trois cambios por la espalda sans bouger se poursuivit par trois séries de muletazos, une à droite et deux à gauche, où le jeune péruvien affirma sa domination. Le Cuvillo se décomposant à mi-faena, Roca Rey sut l’obliger à collaborer et l’animal subit la loi du piéton qui lui vola encore des muletazos en se plaçant dans les cornes. Après trois manoletinas et une passe cambiada risquée frôlant la cogida, le bicho mourut des suites d’une demi-lame delantera et caida. Oreille.

_DSC1175Le sixième, accueilli par esthétiques véroniques, delantales et larga, fut ensuite mené au cheval par cordobinas. Hélas, après une première série ambidextre de rodillas et trois séries de la gauche, le Cuvillo cessa de charger. Une nouvelle fois le jeune péruvien dut mettre tout en oeuvre pour terminer sa faena mais de ce fait le final fut un peu décousu. Après avoir pressé l’animal pour en extraire les derniers muletazos, Andrés expédia le toro d’une entière delantera longue d’effet que le garçon tenta de compléter d’un descabello avant que l’animal ne se couche. Oreille pour la volonté.

Notes.

  • Comme la veille, le paseo se fit sur l’Air du Toreador interprété par le baryton Frédéric Cornille.
  • Avant le sixième combat, le public put chanter en choeur le « Se Canto ».

Reseña et photos : Paco.

_COR3072Le matin, face à des erales de Robert Margé, Carlos Olsina a coupé deux oreilles et remporté le prix attribué au meilleur novillero.

Maxime Solera et Diego San Roman ont coupé chacun une oreille.

Vincent Perez a salué à l’issue de son combat.

(Photos : Mikaël Fortes)