Hagetmau. 31 juillet. Une oreille pour chacun et en prime la séduction des Ana Romero.

 

unnamedDeuxième et dernière novillada de Feria. Un peu plus de demi-entrée, nuages et un peu de soleil, température agréable, deux heures quarante de course.

Six novillos d’Ana Romero et un Raso de Portillo sorti en dernière position en remplacement du troisième Ana Romero de Luis David Adame qui s’est cassé une corne sur l’étrier du picador. Tous les Ana Romero, deux piques prises avec une belle bravoure et parfois avec force, poussant en mettant les reins. A la muleta, piquants, agressifs mais chargeant avec noblesse. Des novillos compliqués mais toréables.

  • Pablo Aguado (rioja et or), au premier, une entière basse, salut et vuelta au toro ; au quatrième, une entière, un descabello, une oreille.
  • Leo Valadez (blanc et or), au deuxième, une entière, silence ; au cinquième, un entière deux descabellos, une oreille.
  • Luis David Adame (rouge terne et or), au troisième, une demi-lame, une oreille ; au dernier, une grande estocade, applaudissements.

Avec le mayoral d’Ana Romero qui salue alors que les novilleros quittent l’arène, on a résumé la belle tarde de toros qui a marqué la dernière journée de la feria d’Hagetmau. Dans la violence on était descendu d’un cran par rapport au Raso de Portillo de la veille. Du pur Santa Coloma, des petits gris à se régaler, toutes les robes dans le style de la maison, un haute couture à ravir le plus exigeant des aficionados et face à eux trois novilleros bien décidés à ne pas laisser passer leur chance.

unnamed-3Pablo Aguado arrivait en direct du Puerto de Santa Maria, et après quelques véroniques très templeées, donnait une excellente leçon sur la main gauche. Un festival de naturelles entrecoupées de quelques trincheras et autres changements de main, pour le plaisir et le bon goût. Un vrai bijou cette faena, un modèle de tauromachie… face à « Fragata » qui rechargeait et revenait sans cesse sur le chiffon rouge. Il méritait la vuelta, elle lui a été accordée, mais Pablo aurait dû toucher le bénéfice de cette séduisante faena. Encore quelques véroniques, toujours plus amples et lentes, achevées sur une demie d’anthologie. Pablo repartait dans un répertoire de bon goût, d’un classicisme épuré et encore une excellente leçon de tauromachie… Enfin l’oreille tombait du palco. Il est vrai que le public s’était réveillé et comprenait qu’il se produisait quelque chose.

unnamed-1Leo Valadez, souvent très stylé, combattif et présent face à son premier toro, n’a pas toujours eu un rôle très facile, mais le jeune Mexicain s’est accroché, ne renonçant jamais. Il n’a pas toujours été le dominateur, mais le volontaire à l’assaut. Il va se rattraper avec un deuxième animal guère plus facile, mais qui se plie à la loi du torero. Auparavant, avec Luis David Adame, ils nous ont régalés d’un intermède de quite à la Sud-américaine. Avec des naturelles très stylées, on se prit à rêver, mais le toro baissa de rythme, laissant toutefois le temps à Leo Valadez de convaincre le public de lui accorder un trophée.

unnamed-2Luis David Adame, malgré un peu de précipitation à la cape, sut rapidement s’imposer sur « Catequista » qu’il aurait dû toréer en dernier. Un torero très sage, peut-être trop parfait, qui eut un peu de mal à monter sur les gradins… mais quelques pechos spectaculaires finiront par convaincre ce public un peu froid. Avec le Raso de Portillo de fin, les choses ne furent pas plus difficiles pour le Mexicain, mais il ne put appliquer son style très coulé et lent. Mais Luis David Adame frappera les esprits par sa magistrale estocade…

Que deviendront ces novilleros ? il faut se garder de toute prospective en tauromachie… Mais à Hagetmau il y avait un sacré trio, toujours à l’aise, efficace et souriant… La jeunesse conquérante !!!

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.