Beaucaire. 31 juillet. Morne tarde.

_DSC0218A peine un petit tiers d’arène pour cette novillada des fêtes de Beaucaire, certainement un peu à cause d’une météo incertaine qui laissa planer quelques nuages au-dessus des arènes, ceux-ci délivrant une pluie faible juste avant le début de la course. Retardé d’un quart d’heure, c’est finalement sous des cieux plus cléments que se déroula le spectacle.

Au menu six novillos d’El Palmeral de format modeste et de forces justes, le sixième un peu au-dessus du lot. Au moral, si tous chargèrent le cheval, la majorité s’y employa peu, le quinto mettant un peu plus les reins que ses frères.

Peu vus dans nos arènes, manquant de race, les Palmeral n’ont pas convaincu, montrant qu’il reste encore du pain sur la planche à la famille Fano pour hisser la ganaderia à un bon niveau.

_DSC0247Manolo Vanegas s’est montré très à l’aise hier, faisant preuve de beaucoup d’oficio mais manquant de matière première pour s’exprimer. Le premier fut conduit par douces véroniques vers le centre  où amorça une vuelta de campana qui n’arrangea pas son peu de capital physique. Après une pique sur le réserve, il eut du mal à tenir debout. Débutant par des passes hautes, Manolo resta à mi-hauteur pour deux bonnes séries de derechazos, testa la corne gauche avant de revenir à droite pour arracher au forceps les derniers muletazos, le bicho n’ayant plus guère de charge. Final par circulaires inversées, manoletinas et passe cambiada avant de coucher le Palmeral d’une demi-lame en place au second assaut. Silence.

_DSC0343Le quatrième, accueilli par deux largas cambiadas de rodillas, véroniques et demie, prit une unique ration de fer pompée qui sembla lui casser le moral. Le jeune vénézuélien prit ensuite les fuseaux pour deux poder a poder et un sesgo pur fuera bien maîtrisés. Débutée par derechazos de rodillas, la faena tourna court après trois séries droitières dans les planches où le bicho, renonçant au combat, s’était réfugié. Quelques muletazos ambidextres montrèrent qu’il n’y avait plus rien à tirer de l’animal. Entière atravesada perçante, pinchazo et un novillo qui se couche pour se relever très vite avant d’être expédié ad patres d’une entière en place. Vuelta pour la volonté.

_DSC0288Tibo Garcia a torée plutôt bien, mais il lui a manqué l’essentiel pour triompher : tuer. Il faudra qu’il travaille sur le sujet sous peine de voir pas mal de trophées lui passer sous le nez. Le second de la tarde était brusque dans ses charges. Du coup, les véroniques de réception furent approximatives. Après une pique correcte, le garçon débuta sa première faena par passes hautes avant de connaître par la suite des difficultés à templer les embestidas d’un utrero bronco qui sautillait dans les passes. Patiemment il réussit à adoucir les charges et parvint même à signer quelques tandas ambidextres de bonne facture mais souvent avec le défaut de ne pas suffisamment courir la main. Des difficultés avec la rapière (5 pinchazos puis 2/3 en place et descabello) et salut au tiers.

_DSC0375Le quinto afficha une certaine faiblesse dans le capote de Tibo puis s’alluma un peu sous le fer, poussant le cheval par devant et le déséquilibrant à la limite de la chute. Brindée à la famille Fano, la faena débuta bien par passes hautes puis se poursuivit par quelques séries droitières de correcte facture. A gauche quelques bonnes naturelles isolées avant que le Palmeral ne jette l’éponge et se fasse prier pour les derniers muletazos. A nouveau des longueurs avec les aciers (4 pinchazos, entière contraire et 3 descabellos). Nouveau salut au tiers.

_DSC0303Deuxième fois en quinze jours que j’assistais aux « prouesses » du vénézuélien Sébastian Castillo dont la plus grande est certainement de sauver sa peau à chaque course, vu le peu de bagage technique qu’il possède. Ce maletilla à l’ancienne, arrivé en Espagne il y a huit ans avec cinquante euros en poche, qui a couru les tentaderos en faisant du stop, qui s’est fait remarquer lors des capeas de Ciudad Rodrigo, a fini à la longue par toréer les dix novilladas règlementaires pour passer en piquée. C’est ainsi qu’il changea de catégorie le 17 juillet à Céret face à d’impressionnants utreros de Vinhas, se sortant sans trop de mal de l’épreuve. Si le parcours du garçon est en soi admirable par l’aficion qu’il y développe, ses performances sont loin d’atteindre le niveau requis pour figurer aux côtés de novilleros plus expérimentés.

Ainsi hier il accueillit le troisième par deux véroniques genou plié de correcte exécution, puis se fit enfermer dans les tablas dont il sortit laborieusement. Après une pique rectifiée de faible intensité et un picotazo, le faible novillo tomba au milieu de la piste tandis que le cheval de son côté chutait aussi tout seul. Malgré ses difficultés à se mouvoir, le Palmeral mit en difficultés le vénézuélien qui ne sut par quel bout le prendre. Des muletazos en tous sens, souvent en reculant, et bien sûr des difficultés lors de la suerte suprême qu’il ne maîtrise pas : sept pinchazos, un golletazo latéral, un descabello. Silence compatissant.

_DSC0389Le sixième était le novillo le mieux présenté pour la catégorie. Ce fut aussi celui qui afficha les meilleures dispositions, et on se dit qu’en d’autres mains … Encouragé (à la limite de la raillerie) par le public, Castillo réussit à dessiner quelques véroniques, demie et revolera de correcte facture. La pique un peu trop appuyée enleva des forces au Palmeral qui fut ramené vers le cheval pour un second puyazo qui ne s’imposait pas. A nouveau un trasteo approximatif où le vénézuélien alterna gauche et droite avec plus de maladresse que de bonheur. Golletazo après pinchazo. Silence.

Bien que l’on compatisse à la situation de Castillo, n’y avait-il pas possibilité de donner une chance de toréer à des novilleros en mal de contrats et qui s’investissent tout autant dans leur passion ? (Kike, Mateo Julian par exemple).

Reseña et photos : Paco.