Hagetmau. 30 juillet. A peine une vuelta face à d’imposants novillos de Raso de Portillo.

unnamed-1Première novillada de feria, toute petite entrée, soleil sans chaleur excessive, deux heures trente de spectacle.

Six novillos de Raso de Portillo, très bien présentés, souvent de gabarit de toros, certains pauvres de tête, mais à ce niveau le cinquième et sixième parfaits. Tous deux piques, à l’exception du troisième et du sixième, trois châtiments. Toutes les rencontres au cheval, braves et fortes. Le troisième renversait le cheval alors que le quatrième le mettait en difficulté. A la muleta, pas faciles, mais pas férocement compliqués. Mais il fallait se battre et vouloir dominer.

  • Manolo Vanegas (rioja et or), au premier, une entière, silence ; au quatrième, une entière, avis, salut.
  • Guillermo Valencia (blanc et or), au deuxième, un quart et trois-quarts de lame, un descabello, avis, silence ; au cinquième, une entière, quatre descabellos, vuelta et vuelta au novillo.
  • Juan de Castilla (bleu ciel et or), au troisième, une entière atravesada, dix descabellos, trois avis; au dernier, une demi-lame, un mete y saca, un pinchazo, une quinzaine de descabellos, trois avis, silence.

Forts, très forts, très souvent du niveau d’une corrida, ces six novillos de Raso de Portillo ont fait forte impression sur le trop rare public d’Hagetmau. Ce fut souvent une histoire de vie et de mort, des moments où il fallait sauver sa peau, des instants où l’on voyait la faux cingler l’air. Une des ces corridas imaginées par Goya et que l’on a retrouvée, en noir et blanc, dans les arènes d’Hagetmau.

unnamed-3Manolo Vanegas, à ce jeu, ne s’est guère laissé impressionner. A la cape, difficile de s’imposer, mais ses trois ou quatre véroniques furent scellées de la marque du courage. Tout au long d’une faena sur les deux mains il fut toujours conquérant, précis. Mais lors de ses deux sorties, il fut chaque fois présent… Avec le quatrième, on retrouvait un surdoué se livrant à un véritable festival sur les deux mains. Le toro était particulièrement agressif mais jamais Manolo Vanegas ne rompit le combat. Un torero qui a intéressé le public.

unnamed-2Guillermo Valencia, lorsqu’il n’est pas dans une arène, doit participer à des concours d’élégance ! Mais hier, capote en main, il nous a émus. Cinq ou six véroniques pour calmer les ardeurs de « Temeroso » et chaque fois beaucoup de temple pour conduire une première faena qui eut quelques difficultés pour monter dans les gradins. Plus attirant ensuite avec une faena totalement débridée. C’est le moment où il signe d’immenses séries de naturelles toujours conduites lentement et avec une lenteur quasi-irréelle. Quel bonheur que d’apercevoir quelques trincheras très élégantes. Guillermo Valencia a défendu les vraies valeurs du classicisme taurin.

unnamedJuan de Castilla est le malchanceux de la journée. Deux novillos qui tombent après le troisième avis… Il y a de quoi rapporter sa muleta à la Macarena. Avec le premier, ce fut une histoire difficile, pour canaliser l’agressivité extrême du bicho… En sachant attendre la charge qui enfin se décide. Castilla trouve là une gestuelle séduisante, mais il ne parviendra pas à convaincre. Lors de sa seconde apparition ce fut une impossible guerre, une sourde bataille sur fond de muleta… et qui finirait par perdre le jeune homme. Si avec son premier il eut le tort de faire trop durer, par contre on le vit rompre assez rapidement à sa deuxième sortie.

Il y aura à retenir de cette première course que les Raso de Portillo sont de drôles de loustics qui sous la pique ou par la suite, sont allés à la mort bouche fermée. Ce n’est pas si courant !!!

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.