Mont de Marsan. 23 juillet (tarde). Des Cebada Gago d’un autre siècle qui gardent leurs oreilles.

Capture d’écran 2016-07-24 à 08.44.07Quatrième course de feria, arènes combles, soleil et vent frais, deux heures de spectacle.

Six toros de Cebada Gago, bien présentés, finement armés, trois piques et deux châtiments pour les premier, deuxième et troisième. Très difficiles à la muleta et ne permettant pas de briller.

  • Rafaelillo (rose vif et or) au premier, une entière, silence ; au quatrième, une entière foudroyante, silence.
  • Curro Diaz (rose diaphane et or), au deuxième, une entière salut ; au cinquième, une demi-lame et deux descabellos, silence.
  • Manuel Jesus Pérez Mota (blanc et or), au troisième, une entière, un descabello, silence ; au dernier, une entière, applaudissements et ovation.

Un rassemblement d’anti-taurins qui aurait atteint mille personnes a été contenu à plus d’un kilomètre du centre ville alors qu’une contre-manifestation vantant les valeurs du régionalisme se tenait dans la bonne humeur au pied des arènes.

Semblant surgis de l’enfer, six toros de Cebada Gago ont fait passer un difficile moment lors de la quatrième corrida de feria. Six toros auquel il aura fallu arracher passe après passe, pour tenter un semblant de faena.

Capture d’écran 2016-07-24 à 08.43.47Rafaelillo fut le premier à se jeter dans ce chaudron. Agréable et conquérant à la cape, il sera rapidement obligé de renoncer aux naturelles qu’il tentait de dessiner. Un animal qui n’aura jamais répété une seule fois dans la muleta. Impossible de dominer cette mala casta aux cornes de spadassins tueurs. La deuxième sortie sera aussi compliquée. Malgré un affrontement épique sur la main gauche, le torero attaquant sans cesse, ne parviendra jamais à s’imposer. Une impossible domination, constatation qui résume l’ensemble de la course.

Capture d’écran 2016-07-24 à 08.43.07Curro Diaz… Mais que venait faire dans cette galère le fin artiste andalou ? Certes il a les moyens d’affronter des Cebada, mais pas de cette race, qui ne connaissent de la charge que celle qui est faite pour tuer. Un premier toro tardo, qui ne reviendra jamais, naturellement, sur le chiffon rouge. Pourtant Curro Diaz s’arrime et extrait quelques figures de ces cornes tueuses. Malgré le risque tout cela finit par un peu d’ennui. Ce n’est pas sa seconde sortie qui arrangera les choses… Sans inspiration à la cape, rien ne surgira jamais de sa faena, même pas d’excellentes séquences, qu’il n’a jamais pu lier entre elles.

Capture d’écran 2016-07-24 à 08.43.25Perez Mota attendait…On avait tendance à s’ennuyer avant que n’apparaisse « Volador », dernier combattant de la course. Le torero, avec la complicité de Francisco Vallejo, son picador, donnait une nouvelle âme. Trois châtiments pour l’éternité, remarquables dans leur construction avec une complicité totale entre le maestro et le cavalier. Une seconde chargée à mi-distance et une dernière avec violence, mettant le cheval en difficulté. Alors que la musique sonnait, toute l’arène, debout, applaudissait bruyamment… Comme si l’on n’était venu que pour ce moment. Par la suite Manuel Jesus Pérez Mota allait se livrer dans un immense corps à corps, décidé de vaincre et d’en finir avec cet impossible Cebada Gago. Des passes arrachées, une à une, quasiment dérobées à un animal qui n’a jamais répété dans la muleta. On était dans la dure loi de la tauromachie de combat. On n’était pas venu pour un moment de chorégraphie, c’est le chapitre de la rencontre de la vie et de la mort… Des moments de haute intensité qui vaudront au torero une énorme ovation. Lors de sa première sortie, il n’avait guère été mieux servi mais son courage lui avait permis quelques grandes passes sur main gauche terminées sur de somptueuses passes de poitrine.

Des Cebada Gago d’un autre temps qui auront satisfait quelques aficionados à la recherche de courses à l’ancienne.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage photos : Romain Tastet.