Mont-de-Marsan. 23 juillet (nocturne). Triomphe d’Andy Younes face à d’exceptionnels Virgen Maria.

Capture d’écran 2016-07-24 à 09.02.33Novillada de feria, en nocturne, petite demi-arène, température presque fraîche, deux heures trente de spectacle.

Cinq Virgen Maria et un Santa Ana (5°). Tous très bien présentés, tous deux piques prises avec une réelle bravoure et beaucoup de force, de grande noblesse à la muleta mais toujours avec beaucoup de piquant et de caste.

  • Pablo Aguado (bleu marine et or), au premier, une entière al encuentro, une oreille ; au quatrième, deux pinchazos, un mete y saca et une entière, silence.
  • Jesus Enrique Colombo (Rioja jeune et or), au deuxième, une entière atravesada, deux descabellos, silence ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Andy Younes (bleu ciel et or), au troisième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au dernier, une entière basse et une entière, une oreille.

Jean-Marie Raymond, le français de Constantina (Séville) avait envoyé à Mont-de-Marsan un splendide lot de novillos. D’un fer ou de l’autre, ils ont tous eu un comportement exemplaire sous le fer, manifestant par la suite une grande noblesse. Trois utreros, second, quatrième et cinquième, furent applaudis à leur entrée en piste, le premier et le cinquième se permettant de soulever le groupe équestre. Mais les novilleros sont souvent restés en-dessous de ce magnifique bétail.

Capture d’écran 2016-07-24 à 09.02.17Pablo Aguado, fut méconnaissable, presque décevant. Il n’a jamais manifesté cette belle harmonie et ce sens du détail qui définissent sa tauromachie parfois précieuse. Certes nous avons retrouvé ces interminables muletazos sur la main droite, caressant le sable et lui permettant un peu de domination sur son premier novillo. Il développait aussi quelques belles séries sur la main gauche. Par la suite, face à son second aversaire, après un élégant tercio de cape, on pensait retrouver le vrai Paco. Il n’en fut rien. Jamais le garçon ne put donner deux passes dans le même terrain, constamment obligé de se replacer. A son crédit retenons quelques magnifiques ayudados pour mettre un terme à sa faena.

Capture d’écran 2016-07-24 à 09.02.00Jesus Enrique Colombo s’est en partie sauvé par ses talents de banderillero, spectaculaire, efficace et pesant sur le novillo. Par moment il donnait un toreo très fin ponctué de quelques trincheras et de gestes de nonchalance… de la véritable dentelle, mais le garçon, comme beaucoup ne sut pas s’arrêter à temps, terminant dans un pathos tauromachique et détruisant tous ses crédits. Lui aussi nous régala, ensuite, d’un tercio de cape très fin. Mais si l’on retrouvait le Colombo du premier combat avec de la finesse, il ne sut pas terminer, allant jusqu’à l’épuisement du novillo.

Capture d’écran 2016-07-24 à 09.02.49Andy Younes sut triompher avec méthode plus qu’en s’en remettant à son imagination. Le torero est toujours très scolaire dans sa façon de manier la cape, mais laisse chaque fois transpirer beaucoup d’élégance. Par contre, si ses deux faenas furent enluminées de merveilleuses naturelles et de trincheras, l’ensemble était un peu brouillon, manquant nettement de construction. Par contre il enflamma les arènes en ouvrant sa deuxième faena par une série à genoux, à la fois spectaculaire et très templée. Mais il ne sut pas conserver ce souffle de réussite. Il retomba dans un répertoire moins alléchant. Avec un peu plus d’ordre et de rigueur, Andy Younes eut chaque fois deux oreilles à sa portée. Mais avec une première sortie en triomphe de Mont-de-Marsan, ne boudons pas notre plaisir.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.