Mont-de-Marsan. 21 juillet (tarde). Triomphe de Manzanares et nouvelle tauromachie de Ponce.

Capture d’écran 2016-07-22 à 09.01.02Deuxième corrida de feria, ciel couvert, température agréable, deux heures quarante de spectacle, arène combles.

Six Nuñez del Cuvillo, bien présentés, de comportement inégal, avec moins d’agressivité que dans la normale. Tous deux piques prises avec une certaine bravoure. Souvent compliqués à la muleta, comme les premier, cinquième et sixième.

  • Enrique Ponce (bleu clair et or), au premier, un pinchazo, une entière, silence ; au quatrième, un pinchazo, une entière, deux avis, une oreille.
  • José Maria Manzanares (rioja et or), au deuxième, une entière, deux oreilles ; au cinquième, une entière, salut.
  • Thomas Dufau (bleu marine et or), au troisième, deux pinchazos, une entière, avis, une oreille, vuelta au toro ; au dernier, une entière, ovation.

Que retenir de cette deuxième course de la feria de Mont-de-Marsan ? Peut-être pas le lot de Nuñez del Cuvillo, que l’on a souvent vu mieux. Peut-être cette nouvelle forme de tauromachie signée par…

Capture d’écran 2016-07-22 à 09.01.19Enrique Ponce avec son deuxième toro. Il commence comme une danse, une valse débordante d’harmonie et de lenteur. Mais ce qui n’aurait pu être qu’un court instant va rapidement devenir avec la complicité de la musique, une sorte de pavane funèbre dont il ralentit sans cesse le rythme. Le public apprécie ce moment dans lequel Ponce semble à la rencontre d’un bonheur indicible. S’il n’y avait un solide toro en piste, ce ne serait plus de la tauromachie. Mais le bicho, par sa présence est là pour rappeler qu’il faut savoir toréer avec autant de précision et de force que le Maestro. Ponce véritable sorcier, du toro, de la musique, d’un rare moment dans ces arènes… Ce ne fut pas la danse inspirée que Conde y avait livrée il y a une quinzaine d’année, mais une sorte de ballet très travaillé.

Il y en aura qui n’auront pas goûté ce long moment de près de dix-sept minutes, parfois un peu triste!

Capture d’écran 2016-07-22 à 09.01.33José Maria Manzanres nous fait revenir à une tauromachie plus classique. Jeudi, il en fut le maître. Tout d’abord en quittant les arènes en triomphe. Deux oreilles qui sont tombées à l’issue d’une immense faena construite millimètre par millimètre en pesant à tous les moments sur le toro. Une faena simple également, sans fioritures inutiles, la passe allant toujours à l’essentiel sans perdre un instant de domination. Manzanares fut un modèle de torero, combat qu’il paracheva par un immense coup d’épée. La Madeleine a trouvé un nouveau triomphateur. Lorsqu’il revint en piste, les choses furent moins faciles… et après un tercio de cape sans surprise, il dessina avec une muleta très basse d’excellentes séries sur les deux mains. Mais cette nouvelle geste ne monta pas sur les gradins. Un toreo qui venait après le moment très particulier signé par Ponce. Le public était-il encore sous les charmes du sortilège ? Mais il ne manifesta même pas pour une oreille à la suite d’une extraordinaire estocade.

Capture d’écran 2016-07-22 à 09.01.51Thomas Dufau doit laisser son arène natale avec beaucoup de regret. Le sort lui réserve le meilleur toro du lot. Il sera récompensé par une vuelta posthume. Certes sa faena est passionnante, avec de grands moment. De grandes et belles séries à gauche souvent rematées sur d’impressionnants pechos. Il est souvent interrompu par les ovations du public. Mais comme cela lui arrive trop souvent, il va perdre l’intérêt de son travail avec l’épée. Trois tentatives et tout de même une oreille. Il ne pourra rien faire avec le dernier, un animal faible et donc de charge courte. Là, l’estocade fut parfaite, mais il était trop tard, la chance était peut-être passée ? Dommage pour ce très sympathique jeune torero.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage photos : Romain Tastet.