Pamplona. 14 juillet. Miura triomphe des Miura.

Capture d’écran 2016-07-15 à 09.27.15 Davila Miura voulait fêter les cinquante ans de présence de la devise familiale en venant combattre ses toros à Pamplona. Il l’a fait et a relevé le défi avec panache, coupant une oreille pour cette ré-apparition ponctuelle.

Certes il a bénéficié du sorteo le plus favorable, mais un Miura reste un Miura, et il faillit finir à l’infirmerie suite à un extraño où son second adversaire mit la corne sur sa poitrine et lui arracha une partie de son gilet.

Le second de la tarde, premier de Davila Miura était faible mais noble, et le sévillan sut en profiter, combattant intelligemment lors d’une faena classique où sa muleta autoritaire sut guider à la perfection les charges de l’animal. Oreille incontestable après une bonne estocade.

C’est dans la même ligne directrice qu’il lidia le quinto, avec cette fois une prédominance des séquences gauchères au tracé impeccable. A voir le garçon, on aurait pu croire qu’il était toujours en activité tant sa technique était au point. Sans sa maladresse avec les aciers, la Puerta Grande de Pamplona se serait ouverte. Salut.

Rafaelillo ouvrit la tarde par la lidia d’un Miura faible qui très vite se mit sur la défensive et l’obligea à entrer dans son terrain pour pouvoir lui arracher des muletazos. Vaillamment le murciano fit ce qu’il avait à faire, mais tout brio était impossible. Salut après une estocade correcte.

Le quatrième n’offrait guère plus d’options et une nouvelle fois Rafaelillo dut s’aventurer en terrain miné. Volontaire et vaillant, il parvint à s’imposer à l’animal, mais de façon incompréhensible, alors que la pétition était majoritaire, le palco refusa l’oreille. Vuelta fêtée.

C’est une oreille en main que Javier Castaño aurait dû faire la vuelta après la mort du troisième. Mais à nouveau le président refusa de suivre la volonté populaire au terme d’un trasteo où l’engagement du garçon fut total. Faena intelligente, adaptée aux conditions du bicho qui chargeait à mi-hauteur à cause lui aussi d’une certaine faiblesse, et conclue d’une bonne lame complétée par un descabello. Vuelta.

Le sixième avait tout du mauvais Miura. Peu de charge, défensif, il n’avait rien à proposer et le salmantino, après avoir vainement essayé d’en tirer le minimum syndical, s’en défit. Silence.

Les toros de Miura, bien présentés, dans le type de la maison, ont affiché une faiblesse inquiétante, et des comportements divers, nobles certains, défensifs et compliqués les autres. A force d’adoucir le sang pour faire plaisir aux tooreros, n’y-a-t-il pas un risque de le perdre ? Là est la question.

La San Fermin 2016 est morte. Vive la San Fermin 2017 ! Ya falta menos !

(Photo : Javier Arroyo – aplausos.es)