Eauze. 9 juillet (tarde). Castella professeur … Thomas Dufau trébuche …

Capture d’écran 2016-07-10 à 09.48.54Arènes proches du plein, soleil et chaleur, deux heures vingt de spectacle. Six toros d’Antonio Bañuelos, bien présentés avec des armures honnêtes, tous une pique prise avec un peu de bravoure. Facilement toréables à la muleta pour les premier, deuxième et sixième.

  • Sébastien Castella (bleu marine foncé et or), au premier, une entière, une oreille ; au troisième, une entière, silence, au quatrième, un pinchazo, une demi, deux descabellos, silence, au dernier, un pinchazo, une entière, une oreille.
  • Thomas Dufau (bleu ciel et or), au deuxième, une entière, un descabello, avis, une oreille.

Capture d’écran 2016-07-10 à 09.49.08S’il existe des toreros poursuivi par la malchance, Thomas Dufau en fait partie. Samedi il avait l’opportunité d’éclater en plein soleil de l’afición. Mais deux coups de corne dans le bas du ventre, heureusement sans gravité, ont réduit à néant cet espoir. C’est d’autant plus dommage qu’il venait de couper une oreille avec une grande classe. Pendant les meilleurs moments de cette faena on découvrait un nouveau Dufau, un garçon débordant d’harmonie, toréant sur les deux mains avec lenteur et sentiment. Un Thomas Dufau métamorphosé… On espère rapidement le retrouver sous ces couleurs. Il avait coupé une première oreille… un second trophée n’aurait pas été indigne. C’est avec cette volonté qu’il abordait son second adversaire. Un drôle de spadassin cet animal, tardo dans ses charges, n’avançant qu’après plusieurs sollicitations, se refusant pratiquement à répéter dans la muleta. Pour Thomas, une seule solution pour le faire charger : se découvrir, s’avancer et faire face. EAUZE 2016-0417A deux reprises la corne frôla le torero. Mais à la troisième tentative ce fut l’accident que l’on sentait poindre.

Capture d’écran 2016-07-10 à 09.48.38Sébastien Castella s’est montré en immense torero. Castella, attendu et accueilli avec beaucoup d’amitié par le public qui lui offrit une immense ovation, a payé comptant. Chaque fois efficace, parfait et inventif à la cape, sachant maîtriser les toros les plus compliqués. Avec son premier il dessina une longue faena , entrecoupée par les applaudissements du public, un moment complet sur les deux mains avec des naturelles de rêve. Les choses furent plus difficiles avec un Bañuelos plus compliqué. Mais Castella demeura le maître. Il en sera de même avec le suivant. C’est dans ces moments que l’on comprend ce qu’est toréer. Au point de le faire oublier, avec beaucoup de naturel, Sébastien se retrouvait au centre de la piste, commandant ses séries, ne reculant que rarement… A peine si la muleta virevoltait mais le toro était asphyxié par tant de grâce, de courage et d’immobilité. Castella donnait une immense leçon de tauromachie.

Avec le dernier toro qui aurait dû revenir à Dufau, il fut complet nous donnant même quelques images des premiers temps. Immense torero qui termina en coupant une nouvelle oreille.

Comme ce n’était pas son toro il refusa une sortie en triomphe. Samedi les Eluzates ont retrouvé leur arène, l’afición sera avec eux l’an prochain.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol

Reportage photos : Romain Tastet.