Saint-Sever. 26 juin. Rien que du bonheur. Castella et Garrido en triomphe avec six oreilles.

unnamedArènes combles, nuages et quelques rares rayons de soleil, deux heures trente de spectacle, une quarantaine d’anti-taurins à l’entrée des arènes, les deux toreros chaleureusement applaudis à l’issue du paseo.

Sept toros d’El Pilar, le quatrième changé après s’être cassé une corne en sortant du toril. Bien présentés.Tous une pique prise avec une intéressante bravoure, parfois compliqués à la muleta mais toujours toréables.

  • Sébastien Castella (rouge et or), au premier, deux fois un quart de lame, un pinchazo, trois descabellos, avis, silence ; au troisième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière deux oreilles.
  • José Garrido (bleu et argent), au deuxième, un quart de lame, un pinchazo, une entière, silence ; au quatrième, une entière a recibir, une oreille, au dernier, une entière, deux oreilles.

Jérémi Banti (bleu marine et or), sobresaliente.

Ce n’est pas toujours le cas, mais dimanche 26 juin, à Saint-Sever Cap de Gascogne, les toros de El Pilar n’ont pas failli à leur réputation. Très bien présentés, à ne pas trop regarder certaines cornes, mobiles, nobles mais avec agressivité, en fait tout le cocktail pour réussir une belle course. Pourtant elle fut hésitante avant de démarrer avec pour les deux acteurs du mano a mano qui débutèrent chacun avec des animaux compliqués, broncos, parfois hésitant à répéter et comme les deux échouèrent à l’épée, le silence commença par tomber sur l’arène.

unnamed-1Castella comprit vite que son second adversaire était pétri de qualité et après une belle série de véronique trouvait une muleta qu’il promenait avec lenteur, décomposant chaque figure, terminant sur de somptueux pechos. Une faena de deux oreilles toute en douceur et en harmonie. Toutes les passes étaient interminables, portées par tout le corps. La légende Castella renaissait.

unnamed-4Mais on avait encore rien vu. Avec son troisième El Pilar il allait jouer une sorte de rétrospective de sa carrière. Il ouvrait le registre par de spectaculaires statuaires… Puis il écrivait, au centre de la piste, dans un minuscule terrain, une faena de douceur et de lenteur, certainement les moments qu’il cherchait et qu’enfin il pouvait offrir au public. Tout s’est déroulé au centre de la piste, porté par quelques olés. Aussi après une fantastique estocade il était difficile de refuser au public les deux oreilles qu’il exigeait.

unnamed-2José Garrido travailla souvent dans la même veine, cachant dans les plis de sa muleta tous les sortilèges taurins d’Extremadura. A la cape il fut chaque fois impressionnant dans sa façon de ralentir la charge du toro, toujours très classique, même dans les difficultés avec son premier Pilar. Puis il se lâchait, dans des naturelles parfaites, privilégiant parfois l’esthétique en oubliant la domination sur le toro. Mais il reprit vite l’avantage et dompta le fauve pour lui offrir après quelques hésitations un parfait recibir.

unnamed-3Il montait ensuite d’un cran avec une faena débutée par une longue série à genoux… Il va s’attacher à demeurer dans un minuscule terrain. On crut qu’il allait tout perdre en voulant trop faire durer et il ne dut son salut qu’à un immense coup d’épée, quasi foudroyant… récompensé par deux oreilles.

Qui ne pouvait pas être satisfait de cette course ?

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol

Reportage photos : Romain Tastet