Istres. 18 juin (tarde). Nouveau triomphe de Thomas Joubert.

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.20.03Les toros de Joselito (El Tajo y La Reina), de belle présentation comparée à la veille, n’ont pas affiché beaucoup plus de forces malgré la mono-pique, voire le picotazo en usage de nos jours.

Seul le cinquième se fit égratigner le cuir par le uhlan de réserve avant de prendre une pique normale par le picador de turno. Par contre, ils ont « servi », à des degrés divers, au point que l’on se laissa aller à penser que certains, dans d’autres mains, auraient pu quitter la piste sans leurs pavillons (je pense notamment au lot de Garrido).

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.12.07Diego Urdiales eut du mal à fixer le premier dans son capote. Quand il y parvint, ce fut pour dessiner quelques véroniques et demie, puis, après l’unique rencontre avec le lancier, pour un quite par chicuelinas et revolera. Initiée par passes hautes sans bouger, la faena, majoritairement droitière, fut de bonne facture, avec notamment de beaux derechazos lents et templés servis main basse, mais de transmission relative. Après quelques aidées par le haut, Urdiales logea une demi-lame, la compléta par deux descabellos et reçut, pour ce travail propre, l’ovation du public.

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.15.48Après quelques véroniques et demie, le quatrième reçut la vaccination d’usage, puis s’afficha bien soso dans la muleta du riojano qui composa à nouveau une faena ambidextre de facture équivalente à la première. Sa volonté et son souci du travail bien fait lui valurent une oreille après une entière en place. Bref, du bon boulot de professionnel, même si la recette proposée aurait gagnée à être plus relevée. Mais il manquait l’ingrédient principal, le toro …

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.13.17Thomas Joubert a su, quant à lui, pimenter son plat. Très calme, il accueillit le second par un cocktail de bienvenue composé de véroniques, tafalleras, faroles et revolera, puis le présenta face au lancier pour une pique trasera repositionnée pour être presque aussitôt retirée. L’arlésien proposa alors un quite où il alterna navarras et tafalleras, rématé par revolera. Dans le style qui est le sien, Thomas se positionna au centre du ruedo pour une cambiada au millimètre, poursuivant par naturelles et aguantant un extraño en fin de série. Le garçon alterna ensuite des séries sur les deux cornes, toréant avec beaucoup de temple et de lenteur, ajoutant quelques cambiadas par ci, par là pour relever la sauce. Bernadinas serrées pour la clôture et un recibir magnifique, en place, en décomposant les temps pour finaliser l’oeuvre. Deux oreilles indiscutables.

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.17.16La seconde prestation du garçon ne fut pas du même tonneau. Des véroniques sur le voyage, puis un toro qui s’échappe sur le réserve avant de prendre une ration de fer correcte sur le titulaire, et pour clore le premier tiers un quite par chicuelinas et tafalleras alternées. C’est par statuaires que Thomas entama cette fois sa faena, poursuivant par derechazos et passa cambiada. La suite fut hélas de moindre niveau, les muletazos résultant très souvent enganchés. Le trasteo resta donc à l’état de brouillon avant manoletinas finales et quasi-entière delantera et latérale. Salut.

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.14.42José Garrido, que je n’avais pas revu en direct depuis son passage à l’échelon supérieur, m’a déçu. J’attendais mieux du garçon que le travail répétitif et besogneux qu’il nous proposa. Face au troisième, l’accueil par véroniques et larga fut de bonne facture, tout autant les gaoneras dessinées lors d’un quite rématé par revolera chiffonnée. Certes le garçon court bien la main et s’applique, mais son travail puissant manque de fluidité. La première faena fut relativement variée, avec quelques trincherillas ou trincheras judicieusement placées, et des doblones genou à terre assez esthétiques. Trois-quart contraire enfoncée avec conviction puis des maladresses avec le descabello. Salut.

Capture d’écran 2016-06-19 à 08.18.55La seconde prestation du garçon, débutée par quelques véroniques et revolera, puis poursuivie par un quite par chicuelinas et demie, fut de moindre niveau car sans imagination. Prenez une série de derechazos, puis une série de naturelles, faites des copier-coller, et vous aurez un aperçu de ce que fut la seconde faena de Garrido. Dommage car le bicho chargeait avec alegria et le résultat aurait pu être tout autre avec un torero plus inspiré. Après sept manoletinas et une entière en place, Garrido reçut une oreille récompensant plus la quantité que la qualité.

Sortie a hombros pour Thomas Joubert en présence des caméras de Canal + Toros. Souhaitons que cela lui apporte quelques contrats, pourquoi pas en Espagne. Il le mérite !

Reseña et photos : Paco.