Istres. 17 juin. Deux oreilles pour Talavante.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.26.33Première corrida de la Feria d’Istres avec cinq toros de Zalduendo et un sobrero d’El Tajo (1° bis sorti en quatrième position) et un premier triomphe pour Alejandro Talavante qu’il conviendra de relativiser.

Les Zalduendo, mieux présentés que ceux de l’édition précédente, étaient de trapio correct pour la catégorie de la plaza, bien que certains anovillados et de poids annoncés plutôt optimistes. Certains chargèrent avec une relative alegria tant que leurs forces le leur permirent bien que tous plus ou moins ménagés en une unique rencontre. nous ne reviendrons donc pas sur le premier tiers qui fut pour tout l’encierro un passage obligé symbolique. Le sobrero d’El Tajo, de gabarit modeste, n’eut pas plus de race que de présentation.

Le torero de la tarde fit incontestablement Alejandro Talavante. Le garçon a tout ce qui fait un grand torero : un poignet et une ceinture magiques mis au service d’une grande élégance et d’une technique affirmée. Bref, la grande classe dont on regrettera qu’elle ne soit mise souvent en exergue que face à des ganaderias dites de garantie.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.21.16Le second fut accueilli par tafalleras, véroniques, demies et larga, puis invité à un quite par chicuelinas mains basses et tafalleras. La faena qui suivit fut d’un très haut niveau artistique. Débutée par statuaires, cambiada, pecho et trincherilla, elle se poursuivit par de remarquables naturelles, longues, templées, puis le torero changea de bord pour des derechazos en courant bien la main, l’ensemble agrémenté de capeinas, arrucinas, molinetes et autres changements de main du plus bel effet. Ce toro d’une grande noblesse pimentée d’une pointe d’alegria fut ensuite convié à un final par bernadinas en deux temps, Talavante perdant la muleta avant de poursuivre au point où il s’était arrêté. Hélas l’épée ne fut pas au rendez-vous, le garçon pinchant par deux fois avant d’enfoncer une belle entière en place. Envolées les deux oreilles jusque là acquises. Salut.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.25.42Le quinto, reçu par bonnes véroniques et demie, mit ensuite la tête dans la muleta avec lui aussi une pointe d’alegria, tant qu’il dura. Débutée par un cartucho de pescao suivi d’une bonne série de derechazos, la faena s’étoffa sur une série gauchère, puis le garçon alterna les deux bords avec les qualités précédemment citées jusqu’à ce que le bicho se dégonfle, enlevant du relief au final. Talavante signa quelques luquecinas, imparfaites car le toro n’en voulait plus, puis termina par une séquence encimista avant de loger une entière en place au second assaut. Deux oreilles, la seconde un peu généreuse à mon goût (mais pas scandaleuse si on compare avec les oreilles auparavant accordées par un palco aux ordres de la piste).

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.19.50Juan Bautista, chef de lidia du jour, eut le plus mauvais sorteo. Le premier Zalduendo de la tarde se cassa une corne en la plantant dans le sable. A sa place sortit le toro prévu en quatrième position. Cet animal, qui jeta les pattes dans le capote lors des véroniques de réception, fut très bien lidié par l’arlésien qui doubla genou plié, puis baissa la main lors d’une faena presque exclusivement droitière. La corne gauche s’avérant moins fréquentable, Jean-Baptiste ne s’y attarda pas. Le Zalduendo se décomposa un peu en fin de faena et l’ensemble finit a menos. Beau recibir contraire. Oreille.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.24.20Le quatrième, affiché à plus d’une demi-tonne, devait rendre au moins cinquante kilos sur la romaine. Manifestant peu de race, il ne permit pas grand-chose au garçon. Quelques véroniques sur le voyage, quite par chicuelinas, demie et revolera, puis une faena de correcte facture où la soseria de l’animal réduisit à néant toute transmission. Le Tajo se dégonflant très vite, Juan Bautista n’eut d’autre solution que de s’en défaire d’une entière caidita. Palmitas.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.22.51Alberto Lopez Simon, auréolé du succès obtenu lors de la précédente édition, était très attendu. Personnellement je n’adhère pas à son toreo encimista où les coups de poignets sont secs et la fluidité absente. Face au troisième, les véroniques d’accueil furent correctes, tout autant la demie et la revolera finale. Débutée par passes hautes sans bouger, la faena ambidextre dut de correcte exécution face à un adversaire qui faisait l’avion et chargeait mufle au ras du sol, mangeant l’étoffe. Un torero plus artiste lui aurait conquis les deux oreilles. Final encimista comme d’habitude avec les sempiternelles circulaires inversées, puis des manoletinas. Entière tendida complétée par un descabello. Oreille.

Capture d’écran 2016-06-18 à 08.28.03Lopez Simon nous récita à peu près la même leçon face au sixième. Réception par véroniques pieds joints, demie et désarmé sur la larga finale puis une faena ambidextre débutée par deux cambiadas au centre façon Castella, bien maîtrisées, puis à nouveau ce poignet sec face à un adversaire noble et vif qui se serait accommodé de plus de douceur. Chute du toro sur une circulaire inversée et un animal paraissant souffrir au final de cette chute. Echec avec la rapière en six pinchazos plus ou moins hondos. Le Zalduendo finit par se coucher. Silence.

Note : une minute d’applaudissements à l’issue du paseillo en hommage aux deux policiers lâchement assassinés.

Reseña et photos : Paco.