Mauguio. 12 juin. Roman Perez a hombros.

Capture d’écran 2016-06-13 à 13.15.56Moins d’une demi-entrée pour cette corrida de la Romeria de Mauguio et un public festif sans trop de critères comme celui des pueblos espagnols. Une bonne partie des melgoriens a ses racines du côté de Lorca, d’où la création de cette Romeria aux forts accents hispaniques.

Le paseillo, interrompu par une minute de silence en hommage au torero mexicain Rodolfo Rodriguez « El Pana », présent dans ces mêmes arènes lors de la précédente édition, fut accompagné par l’air du toreador de Carmen interprété par le baryton Frédéric Cornille.

Capture d’écran 2016-06-13 à 12.13.46Mais si le chanteur s’imposa par sa présence, on ne saurait en dire autant du bétail de la famille Jalabert, des toros souvent sosos et faibles, le quatrième frôlant l’invalidité totale. Et ce n’est pas la vuelta généreuse accordée au second bicho par un palco aux ordres de la piste qui changea la donne.

La corrida débuta par la lidia d’un novillo par le rejoneador du cru Tony Martins. Vous trouverez la reseña de sa prestation en fin de compte-rendu sous la plume de Freddy Porte, bien plus qualifié que moi pour cet exercice.

Capture d’écran 2016-06-13 à 12.17.30Uceda Leal, après sa piètre prestation alésienne, n’avait pas aiguisé les appétits par sa présence à l’affiche. Face à un premier un peu faiblard peu piqué en une unique rencontre, il nous montra qu’il savait manier le capote en quelques véroniques et demie, mais aussi la muleta en quelques séries ambidextres de correcte facture mais qui ne firent guère grimper le thermomètre dans les arènes. Demi-lame tendida au second assaut, trois descabellos entrecoupés d’un avis. Silence.

Capture d’écran 2016-06-13 à 13.11.42L’invalide quatrième poussa un brin le cheval, mais cette seule rencontre lui enleva le peu de forces qu’il avait. Quelques véroniques sur le voyage, quelques muletazos sur les deux bords, mais rien à mettre au crédit du madrilène privé de matière première. Palmas après une entière latérale.

Capture d’écran 2016-06-13 à 12.19.58Roman Perez a touché le meilleur toro de la tarde avec ce second Jalabert, accueilli par trois bonnes véroniques, deux chicuelinas et revolera, qui poussa bien avec fixité lors d’une unique rencontre avec le lancier. Un début de vuelta de campana fit arrêter le tiers avant que Morenito d’Arles signe deux belles poses de banderilles. La faena qui suivit fut de bon niveau, à droite comme à gauche, Roman profita de sa stature pour tirer le bras au maximum à droite. Sur le bord opposé, on releva de belles naturelles templées et pechos au ralenti, la main basse donnant plus de relief à quelques muletazos. Le garçon se confia, n’abusa pas des circulaires inversées (j’en ai noté deux) qui sont à la tauromachie ce que les verrues sont à l’épiderme, terminant sa prestation par une séquence encimista et quelques statuaires. Bref, un trasteo bien construit rématé par une entière caidita provoquant une belle mort du toro. Deux oreilles pour Roman et vuelta généreuse pour le Jalabert qui n’avait reçu qu’une pique.

Capture d’écran 2016-06-13 à 13.13.23Le cinquième fut accueilli par bonnes véroniques, demie et revolera, puis mono-piqué correctement avant que Roman ne prenne la muleta pour une faena majoritairement droitière à base de muletazos de bonne facture, moins profonds que ceux dessinés lors de sa première faena à cause d’un toro qui transmettait moins. La soseria du Jalabert aurait pu priver le garçon de trophée, mais une remarquable estocade fit grimper le compteur et la prestation du garçon fut primée d’un pavillon.

Capture d’écran 2016-06-13 à 13.10.19Cayetano Ortiz, lui aussi en manque de contrats, avait besoin de montrer qu’on pouvait compter sur lui. Hélas son premier adversaire ne lui donna guère l’occasion de se mettre en évidence. Ras au capote puis un bicho qui se jette avec violence dans le peto pour en ressortir aussitôt, y revenant seul pour une seconde pique dont il sortira seul à nouveau, poursuivant ensuite le banderillero Miguelito jusqu’au burladero où il rentra de justesse, recevant au passage un coup de corne au mollet sans perforation. Manso, querencioso, le bicho ne se laissa pas faire et Cayetano, volontaire, dut lui arracher au forceps quelques courtes séries droitières avant de le coucher d’une trois-quart latérale au troisième assaut. Silence.

Capture d’écran 2016-06-13 à 13.16.57RAS à nouveau au capote avant deux piques courtes, prise avec violence la première, pompée la seconde, et un picotazo pour finir, le bicho sortant seul et très vite des trois rencontres. Ce toro rapide et à la charge vive s’avéra noble mais pegajoso dans la muleta du biterrois qui eut parfois du mal à garder le sitio. Faena presque exclusivement droitière avec des séries droitières correctes d’exécution mais de faible transmission. Une belle entière en place eut pour effet de convaincre le palco de céder à la pression des supporters de Cayetano pour l’attribution d’une oreille.

Capture d’écran 2016-06-13 à 17.00.29Le rejoneador local Tony Martins toréa en hors-d’oeuvre un novillo des frères Jalabert noble et commode. Ce fut pour lui l’occasion d’initier un retour en piste. Tony Martin s’était produit, quelques fois, en traje corto, à la fin des années 90.

Le cavalier montra une cuadra de qualité, avec des chevaux bien préparés, sérieux et calmes. Sur les quatre chevaux présentés, trois portent le fer de Mendoza.  Le cheval de paséo, Alentejo s’avéra très à l’aise au piaffer et dans l’allure du passage. Il châtia un peu lourdement certainement à cause de la forme exiguë et de la petitesse de la piste. Les trois castigos furent posés de manière quelque peu imprécise. La faena de banderilles fut menée rondement. Affichant un plaisir évident d’être en piste, Tony posera deux banderilles de face, deux al violin et trois courtes avant une lame caïda qui emportera Artizano. Le rejoneador franco lusitanien fera la vuelta.

Reseña et photos : Paco.