Captieux. 5 juin. Début en triomphe d’Adrien Salenc.

unnamedArènes Jean Sango, quasi plein, nuages laissant place au soleil et premières chaleurs printanières.

Deux heures vingt minutes de spectacle. Quatre novillos d’El Tajo et deux de La Reina, propriété du maestro Joselito. Présentation agréable, même si le premier Reina était un peu léger. Tous une pique, le deuxième, deux châtiments, pris avec une bravoure parfois prudente, manquant toutefois d’un peu de piquant. Tous très toréables à la muleta.

  • Joaquim Galdos (tabac et or), pour sa dernière novillada piquée, au premier, une entière, silence ; au quatrième, un pinchazo, une entière, un descabello, salut.
  • Adrien Salenc (rioja et or), au deuxième, un pinchazo, une entière foudroyante, une oreille ; au cinquième, une entière de courage, une oreille.
  • Carlos Ochoa (rose et or), au troisième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au dernier, un mete y saca, deux pinchazos, une entière contraire, vuelta.

A la fin du paseo une minute d’applaudissement en souvenir du torero mexicain El Pana et du novillero péruvien Renatto Motta disparus au cours de ces derniers jours.

Avec le beau temps, enfin revenu, sur le bassin Atlantique, Captieux avait des airs de fête et de belle kermesse autour de ses arènes, tête de pont tauromachique vers le Nord. Mais pour les aficionados, certainement une petite déception, les toros de Joselito, El Tajo y La Reina, avaient perdu leur piquant et leurs difficultés habituelles. A croire que cette facilité relative a perturbé les trois garçons qui franchissaient un pas important dans leur carrière tauromachique. Joaquim Galdos faisait sa dernière novillada avant l’alternative (feria d’Istres) et Adrien Salenc, comme Carlos Ochoa toréaient pour la première fois avec picadors.

unnamed-1Adrien Salenc est sorti de cette course en véritable novillero qui veut arriver… On a d’abord découvert un nîmois très élégant à la cape, surprenant et inventif dans les quites. Un jeune torero pétri de bon goût dessinant ses séries, surtout à droite, avec beaucoup de lenteur et de profondeur. A sénestre, ce fut sur le même style, très coulé et harmonieux. Un garçon maître de son art qui a montré un visage calme et serein face à un des plus impressionnants de la course qui avait supporté deux piques. Cette aisance, il ne la retrouva pas face à son second adversaire qui n’était pas, et de loin, le meilleur des six. Par moments en perdition à gauche, chiffonnant un peu en fin de faena et faisant un peu durer inutilement, Adrien cherchait le déclic qui ne se produisit jamais. Mais le novillero démontrait toute sa détermination dans l’ultime suerte qui pouvait sauver sa sortie. Il se jeta avec force et violence pour planter une superbe estocade, moment qui lui permettait d’arracher l’oreille que le toro lui avait refusé jusqu’alors. Salenc signait son premier triomphe.

unnamed-2Carlos Ochoa est un classique des ces toreros très fins, presque fragiles, mais qui renaissent à chaque passe. Un art un peu confidentiel que ne séduit pas forcément. Ochoa connaît les toros, il nous l’a démontré… surtout avec son dernier Reina, « Normando », qu’il aspira dans une muleta très basse et très lente sur des naturelles de séduction. Une excellente faena dont il perdrait tous les profits à l’épée. Carlos Ochoa a de belles qualités, mais comment en faire un atout dans la tauromachie actuelle ?

unnamed-3Joaquim Galdos, le péruvie,n paraissait un peu perdu… Lui qui aime bien affronter des devises compliquées, qui se régale devant des Pedraza, fut très surpris par la bonhomie de ses deux opposants… Surtout face à la faiblesse du premier La Reina, « Pescador », où il fut très vite réduit au rôle d’infirmier. « Envelecido » (El Tajo), était sûrement trop doux pour lui permettre de s’exprimer avec son talent de conquérant et sa faena fut parfois un peu creuse. Mais Galdos nous a trop fait plaisir pour qu’on lui en veuille.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.