Vic Fezensac. 16 mai (tarde). Des Victorino compliqués.

_DSC5292Les courses de Victorino Martin sont toujours des événements attendus. Ce fut cette fois un non-événement car les toros, très bien présentés pour la plupart, lourds, impressionnants, se sont avérés compliqués, voire dangereux, et n’ont donné que très peu de possibilités aux piétons de s’exprimer.

_DSC5176Le premier freina dans le capote de Manuel Escribano avant de prendre trois rations de fer traseras avec plus de violence que de bravoure, sortant seul deux fois. Le torero de Gerena prit le second tiers à son compte, banderillant facilement en trois poder a poder. Débutée sur la corne droite, la faena tourna court très vite, le Victorino envoyant les cornes vers le torero en début, puis lui venant très vite dessus. Trois-quarts de lame très en arrière et à plat, descabello. Sifflets.

_DSC5324Le quatrième fut reçu par une bonne série de véroniques, puis s’engagea dans le peto pour trois piques prises en brave, soulevant l’arrière du cheval à la première. Escribano se contenta de deux paires de banderilles posées à nouveau en poder a poder car le bicho était en train de perdre un sabot. Initiée sur la corne gauche, la faena dura peu car le Victorino raccourcit très vite ses charges, obligeant le garçon à lui arracher des muletazos au compte-gouttes. Demi-lame en place. Silence.

_DSC5441Manuel revint en piste au final pour lidier le dernier toro initialement prévu pour Paco Ureña et qui devait donc sortir en cinquième position, d’où une petite confusion au moment de lidier en cinquième, Perez Mota prenant le tour d’Ureña. C’est par esthétiques véroniques genou plié qu’Escribano accueillit le dernier toro de la Feria Vicoise, poursuivant par amples véroniques et rématant par demie. Après deux piques prises sans s’employer, le bicho fut banderillé en poder a poder, sesgo por fuera (à cornes passées) et cuarteo. Frôlant la cogida sur un extraño du toro dès l’amorce de la faena, Escribano concentra ses efforts sur la corne gauche qui semblait relativement plus abordable, relativement car le Victorino se retournait très vite des deux côtés. Entière trasera et tendida, trois descabellos. Silence.

_DSC5194Paco Ureña, comme écrit précédemment, ne combattit que le second toro, un animal très vite avisé qu’il reçut par quatre bonnes véroniques et demie avant de laisser son picador (maladroit ou mal intentionné) luiadministrer trois rations de fer traseras et pompées (sifflets à sa sortie). Doublant bien par le bas, il prit ensuite la muleta dans sa main droite pour quelques derechazos, se faisant cueillir par le bicho à la sortie du troisième.

_DSC5224Le torero de Lorca reprit le combat en grimaçant de douleur et arracha des muletazos ambidextres méritoires avant de loger une entière contraire qui dut être complétée par quatre descabellos. Palmas et départ à l’infirmerie. On y détectera une cornada interne dans la fesse droite ne nécessitant pas d’opération immédiate. Transporté à Madrid, il se mettra dans les mains des chirurgiens qui jugeront de l’opportunité d’une opération.

_DSC5268Manuel Jesus Perez Mota, à l’image de ses collègues, n’a pas connu une grande tarde. Son premier Victorino ne se fixait pas dans les étoffes. Il ne put donc rien en tirer au capote, ni le retenir pour le mettre en suerte à la pique. C’est donc tout seul qu’il s’en fut rencontrer le lancier par deux fois, finissant par être fixé au centre pour une troisième rencontre. Muleta en mains, la situation ne s’arrangea pas, le parcours à gauche s’avérant un poil plus long. Mais l’animal qui avait tout compris très vite se mit à chercher l’homme derrière le leurre. Démuni, le garçon préféra couper court au débat. Première lame dans les côtes, seconde très latérale limite bajonazo. Silence.

_DSC5379Le quinto (un petit gabarit bizco très armé normalement prévu en 6°) s’élança avec alegria du centre lors des trois rencontres, mais s’employa peu sous le fer. Cette alegria, il la conserva au dernier tiers, débordant Perez Mota qui ne parvint pas à trouver le sitio à droite et se fit un peu balader. Il est vrai que le bicho pegajoso et tobillero n’était pas facile à lidier. Volontaire, le garçon se reprit par moments, principalement lors de séries gauchères de facture correcte. Mise à mort un peu longue : pinchazo, tiers de lame, entière contraire tendida, cinq descabellos, le tout après deux avis. Au final, le Victorino finit par se coucher, évitant de peu au torero d’entendre la troisième sonnerie. Sifflets.

Reseña et photos : Paco.