Nîmes. 16 mai (matin). Mendoza et Léa Vicens a hombros.

corridarejonnimespentecote (1)Si ce n’est pas un «  No hay billetes » ça lui ressemble étrangement….  

L’amphithéâtre a connu, ce lundi, une belle matinée ensoleillée. Un public heureux d’être là, enthousiaste et motivé par un cartel qui voyait entre autre, la première prestation européenne de la saison de Pablo Hermoso de Mendoza. Les derniers chevaux du Maestro venaient d’atterrir à Amsterdam 48h avant le rendez-vous nîmois. Le premier voyage de retour de sa cavalerie en provenance du Mexique s’était effectué la semaine précédente.

A ses côtés son élève et disciple, le jeune Manuel Manzanares, et la charmante nîmoise Léa Vicens. Cette dernière fut elle aussi très ovationnée dès le paséo.

Ce rendez-vous semblait donc très attendu et porteur de tous les espoirs, le souvenir de l’indulto de la saison dernière planant encore sur la cité d’Auguste….

On faillit déchanter dès la sortie des deux premiers Bohorquez, qui furent d’ailleurs hués à l’arrastre…. Le tout premier, opposé au navarrais, afficha une faiblesse hors du commun. Il passa beaucoup plus de temps à genoux que debout. Pablo, malgré tout, réussit à le mener au bout, en lui prodiguant les soins appropriés….

corridarejonnimespentecote (10)Il tenta de l’embarquer lors des contre-changements de mains de la Hermosina avec le bai brun Berlin. Le manque de force du bicho ne donna que peu d’éclat au bel exercice. La même Hermosina eut une issue des plus favorables avec Disparate devant son second adversaire, transmettant l’émotion jusqu’aux étagères….

Heureusement, il put, toujours avec le 4ème, montrer l’étendue de son talent. Châtiment minimum, tant avec le fer du castigo, qu’auprès des peones briefés pour intervenir le moins possible.

Ainsi conçues, la lidia et la faena purent prendre corps et monter en intensité jusqu’à la conclusion par un rejon entier au deuxième essai, libérant deux oreilles dans la liesse populaire.

Mendoza venait de nous faire admirer, outre ses stars habituelles que sont Disparate, Berlin et Pirata, de jeunes chevaux qui venaient pour la plupart de se roder durant la temporada sud-américaine. Il s’agit de Gento, Beluga, Donatelli, Brindis et Trac… les trois premiers cités portant le fer de la casa. N’oublions pas une paire de courtes à deux mains et la suerte du telefono…

 

unnamed-6 Manuel Manzanares dut lui aussi attendre son second toro pour couper une oreille. Trophée qu’il a fallu aller chercher sur un opposant distrait au début, quelque peu tardo, qui réservait ses charges. Cela impliqua quelques passages à vide et la volonté de s’engager dans le terrain du Bohorquez pour réussir à clouer les palos. Jumillano, Faruquito et Sabina étant les piliers de son écurie, je retiendrai une belle série de trois courtes posées sans temps mort au caracoléo.

Un cavalier dont l’évolution est plaisante, encore un peu trop introverti.

corridarejonnimespentecote (5)Léa Vicens s’exprima pleinement, également avec son second opposant. Bien que sa faena fut méritante à son premier, elle perdit les trophées aux aciers…

C’est avec le sixième qu’elle put exprimer au mieux son talent et son élégance. Elle fit montre également de sa belle équitation.

La jument Guitarra, officiant dès la salida pour un bon castigo, laissa place à une faena menée rondement, de face et clouant au plus près de l’étrier, ce qu’elle n’avait pu faire à son premier.

Elle nous abreuva des belles difficultés propres à la Haute Ecole : la levade de Desafio, les jambettes et le pas espagnol de Bético, le galop sur place de Jasmin. Un cheval nourrit nos rêves les plus fous, c’est Bazuka, un beau gris portant le fer d’Arsenio Cordero qui est en passe de devenir la star de sa cuadra. Un rejon trasero emporta le Bohorquez. Le président, Daniel Jean Vallade sortit sans hésiter, deux mouchoirs. Avec deux oreilles Léa put sortir a hombros par la porte des cuadrillas aux côtés de Mendoza.

Reseña : Freddy Porte

Photos : Jean-Pierre Souchon.