Nîmes. 15 mai (tarde). Charlotade à sept toros.

2016cordimamvendanimes (2)Météo identique à celle du matin. 3/4 d’arène. Pour changer, une alternative, celle de Jonatan VAREA avec José Maria MANZANARES et Alberto LÓPEZ-SIMÓN, avec des saucisses de Juan Pedro Domecq.
2016cordimamvendanimes (38)Le toro de cérémonie est un joli colorado ojo de perdiz, le seul présentable de la course. C’est un véritable chat qui saute dans le capote et en arrive à désarmer VAREA avec ses sabots avant. Deux piques dans le dos. Quite de VAREA avec des chicuelinas et une demi-véronique accrochée. Le tercio de banderilles est longuet, le cornu se promenant dans tout le ruedo. Après une nouvelle séance de bisou-bisou, le jeune diestro entame une faena droitière manquant un peu de profondeur, défaut qu’on retrouvera également à gauche. Il en termine par un desplante alors que le bicho n’est toujours pas dominé et l’a promené dans tous les coins de l’arène. Un peon est obligé de le sortir de sa querencia avant une entière contraire au 4ème envoi. Un avis, un descabello. Arrastre applaudi et salut.

Photo : Martine Clément
Photo : Martine Clément

A son dernier de la soirée, après une larga afarolada, Jonatan VAREA se fait désarmer sur une véronique. Deux piqûres dans le dos. Brindis au public. Il débute muleta main droite et genou ployé. Après des derechazos et un pecho, la musique est lancée. Il quitte lui aussi ses zapatillas pour passer à gauche. Très vite, la saucisse sans fond finit par terre. Il revient à droite, sans plus de réussite, avant un pinchazo et une entière tombée. Un avis. La maladresse du puntillero semble lui coûter l’oreille. Silence.

2016cordimamvendanimes (27)José Maria MANZANARES hérite lui aussi d’un colorado ojo de perdiz qui s’affale sous les deux piqûres. L’alicantin l’amène ensuite en trois coups de cuillère à pot au centre. A droite il torée lentement mais sans profondeur, musique. Malgré son bon poignet, il a semblé en-deçà de ses capacités, on notera juste le recibir concluant. Un avis, une oreille.

Photo : Martine Clément
Photo : Martine Clément

Son second est un laid castaño qui s’affale sous le cheval à la 2ème piquette et aux banderilles. Dès l’entame droitière, le bicho est à nouveau à terre. A gauche même problème, MANZANARES abrège alors par une demi-épée au 4ème envoi. Arrastre sifflé.

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Photo : Martine Clément

Alberto LÓPEZ SIMÓN hérite d’un véritable cocardier de Juan Pedro Domecq, d’une laideur indigne. Deux piques quelconques. Il construit alors une faena très brouillonne, sans dominio, multipliant les redondos,à droite comme à gauche. Il en finit par un desplante, évidemment le toro non dominé est difficile à cadrer. Une entière contraire en deux temps, un avis, silence.
Avec son second, la corrida déjà ennuyeuse bascule dans la charlotade. Son Juan Pedro Domecq est d’une très grande faiblesse et roule à terre à de nombreuses reprises. Deux piqûres vaccinales de circonstance, le maestro tente le brindis au public, qui le refuse. Après deux passes le toro chute lourdement et se casse la patte avant-droite. Après un coup de descabello, le public siffle copieusement l’arrastre et sous la bronca, et après de longues palabres au palco et dans le calléjon, un sobrero de regalo est honteusement offert au madrilène. Le seul mérite de cette saucisse a été de rester à peu près debout. Deux piquettes. LOPEZ SIMON lance la mode de la faena sans zapatillas, ce qui suffit à déclencher la musique. Sa faena très décousue rend difficile toute prise de note, le maestro se contenant d’être pegapasse et d’effets de manches sans aucune profondeur, devant, derrière, à droite, à gauche… Une entière efficace, deux oreilles de je ne sais où. Arrastre incompréhensiblement applaudi.

Un après-midi difficile pour tout aficionado a los toros avec des saucisses indigestes de Domecq. Nîmes rend maintenant possible une corrida à sept toros ; à quand huit, neuf et plus si on peut changer son adversaire à n’importe quel moment de la lidia ?!

Reseña : Christophe Dumond.

Photos : Jean-Pierre Souchon.