Alès. 8 mai (matin). Juan Carlos Carballo indulte « Tibialuz » de Cuillé.

_DSC3610Malgré le mauvais temps annoncé, la novillada matinale a enregistré une belle entrée, et les absents ont eu tort, car premièrement il a fait beau et deuxièmement le spectacle fut de qualité.

La qualité fut apportée par les novillos de Philippe Cuillé au comportement intéressant, le quatrième atteignant une certaine excellence se voyant gracié, mais aussi par la présence de deux novilleros qui firent de leur mieux pour se mettre au niveau de leurs opposants.

_DSC3510Manolo Vanegas, doté d’un bon bagage technique et d’une certaine expérience, s’est montré facile et sûr de lui. Face à son premier novillo, il signa d’entrée une larga cambiada de rodillas suivie de quelques véroniques et revolera, fit piquer par deux fois son opposant avant de le laisser dans les mains de Juan Carlos Carballo qui dessina un quite par tafalleras et revolera. Débutée par statuaires, la faena fut templée à droite mais moins fluide à gauche, l’ensemble résultant sans grande transmission à cause d’un bicho un peu fade et éteint au final. Trois-quart tendida foudroyante après deux pinchazos précédés de quelques manoletinas. Salut au tiers.

_DSC3561Quelques véroniques et demie de correcte facture pour la réception du troisième, jolie mise en suerte par chicuelinas al paso et une pique en venant fort dans le cheval puis une (trop) longue faena où le jeune vénézuélien courut bien la main, à droite comme à gauche sur des séries fort bien maîtrisées qui montrèrent que le garçon maîtrise son sujet et est prêt à passer à l’échelon supérieur, une alternative qui devrait intervenir en fin de saison. Le novillo s’avisant un peu en fin de trasteo (légère bousculade sans gravité), les derniers muletazos prirent une connotation plus guerrière jusqu’à l’estocade finale portée en toute loyauté, Manolo basculant sur la corne pour laisser une entière traserita efficace. Deux oreilles.

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_DSC3545Juan Carlos Carballo a surpris les aficionados qui ne le connaissaient pas. Il reçut son premier adversaire par bonnes véroniques, gagnant le centre pour y fixer le novillo par demie. Courte ration de fer à la première rencontre, picotazo à la seconde, puis un début de faena par passes hautes de rodillas. On vit ensuite que le garçon était doté d’un excellent poignet. Ses derechazos longs et templés furent très bien conduits, le jeune torero ouvrant le compas et courant bien la main pour donner à chaque muletazo le trajet le plus long possible. A gauche on sentit le garçon moins à l’aise même si les naturelles furent de correcte facture. Vinrent ensuite les traditionnelles circulaires inversées désormais incontournables dans les faenas modernes. Heureusement Carballo se limita à une paire avant dE plier sa muleta en deux, délaissant l’épée pour quatre manoletinas serrées. Cet ensemble fut hélas gaché par une mise à mort laborieuse : lame atravesada perçante au cinquième assaut suivie par quatre descabellos. Silence après deux avis.

_DSC3586Désireux de triompher, c’est a porta gayola que Carballo accueillit le dernier novillo de la matinée. Heureusement que le garçon se jeta de côté, car il aurait fait les frais de cette réception risquée. Remis sur pieds, c’est par quelques véroniques et demie que le jeune torero remit de l’ordre. Le Cuillé s’élança ensuite vers le cheval par trois fois, rentrant fort et avec fixité avant d’être rapidement sorti du matelas pour être placé chaque fois plus loin, la seconde ration de fer s’avérant la plus appuyée. Le novillo alla ensuite a mas dans la muleta du torero qui cita de loin pour la première série de derechazos, s’appliquant à courir la main pour accompagner au mieux la charge vive de son adversaire qui répétait sans se lasser avec beaucoup de noblesse. A gauche, à nouveau moins à l’aise que sur le bord opposé, les muletazos furent moins convainquants, Carballo jouant souvent du pico, bien que réduisant un peu la distance sur les dernières naturelles. Le retour à droite permit un travail de meilleure facture pour le final avec des circulaires esthétiques bien maitrisées et des derechazos profonds. Le public, voyant que le novillo chargeait toujours avec entrega, commença à réclamer l’indulto. Face à l’absence de réaction du palco, le novillero reprit le Cuillé dans les plis de sa muleta pour plusieurs séries au cours desquelles jamais le novillo ne baissa de ton. La pétition enfla et le mouchoir orange apparut enfin au palco. Trophées maxima symboliques pour Carballo et retour en Camargue pour ce bon novillo. Vuelta fêtée en compagnie du ganadero, Philippe Cuillé, et du picador._DSC3590_DSC3599

Sortie a hombros des deux toreros pour une matinale des plus agréables avec un indulto où c’est « Tibialuz » qui gagna son retour au campo par ses mérites propres. Enhorabuena a todos !

Reseña et photos : Paco.