Séville. 17 avril. La seule oreille pour Rafaelillo.

Une corrida de Miura un peu terne pour clôturer la Feria d’Avril de Séville, avec des toros de présentation correcte malgré quelques cornes abimées, souvent justes de forces, nobles (pas vraiment habituel pour la devise), le quatrième s’affichant comme le meilleur du lot.

Rafaelillo est dans une bonne période. Il l’a montré encore hier en combattant remarquablement ses deux adversaires. Le premier freina d’entrée dans le capote. Après deux piques dures, le torero de Murcia entreprit le toro sur la corne droite (la meilleure), laissant de bons muletazos avant de passer sur le piton opposé où les passes furent méritoires car le Miura s’y défendait. Salut au tiers après une mise à mort défectueuse.

Accueilli a porta gayola, le quatrième fut ensuite très bien capté par le capote de Rafaelillo qui imposa sa loi avec force et volonté. Brindée à Javier Castaño, la faena fut puissante et templée, à droite d’abord, puis sur la corne gauche ensuite où Rafael tira le bras pour allonger la passe au maximum. Le Miura s’éteignant, Rafaelillo, après un désarmé et quelques muletazos, termina d’une bonne estocade, un peu longue d’effet, et reçut le seul trophée de la tarde.

Javier Castaño toréait ce jour sa première corrida de la temporada après un autre combat, ô combien éprouvant celui-là, contre la maladie, combat dont il sortit vainqueur. Le public lui témoigna son affection en l’appelant à saluer à l’issue du paseillo. Le premier adversaire du garçon était un animal compliqué, juste de forces (il trébucha à maintes reprises) et qui se retournait vite. Face à ces charges désordonnées, Javier aguanta et parvint à signer quelques séquences de correcte facture avant d’exécuter son opposant d’une entière foudroyante au second assaut. Ovation.

Rien à tirer du quinto au capote, et pas grand chose à la muleta où le Miura s’avéra court de charge. A force de volonté, Castaño parvint à tirer quelques méritoires muletazos, à gauche surtout, avant de se défaire de l’animal. Nouvelle ovation.

Manuel Escribano accueillit ses deux adversaires a porta gayola. Distraits les deux fois, les Miura ne virent le torero qu’après leur entrée en piste, et il fallut toute la technique et l’aguante du garçon pour dessiner à chaque fois la larga cambiada de réception. Le troisième fut ensuite toréé remarquablement par véroniques autoritaires qui déclenchèrent la musique. Bien au second tiers, le torero de Gerena dut attendre qu’un espontaneo soit évacué pour attaquer une faena un peu contrariée par les forces limitées du Miura qui finit très vite par s’arrêter, ne permettant à Escribano que quelques bonnes tandas droitières. Ovation après une lame desprendida.

Bien au capote une seconde fois, avec une moindre intensité cependant, Manuel fut aussi très à l’aise au second tiers.Le dernier toro de la tarde, et de la feria, fut plutôt soso, et cette fois c’est à gauche que furent dessinées les meilleurs muletazos. Le Miura ne tenant pas la distance, Escribano abrégea d’une estocade en deux assauts. Silence.

(Photo : http://www.plazadetorosdelamaestranza.com)