Séville. 9 avril. Une oreille pour Ponce lors d’une tarde sans toros.

IMG_8483Les toros de Juan Pedro Domecq ont affiché hier à Séville et comme souvent (je serais tenté de dire comme d’habitude) beaucoup de noblesse et peu de forces.

La terna est une habituée de ce genre de bétail, Enrique Ponce jouant à la perfection son rôle d’infirmier de service pour faire tenir debout des adversaires flageolants, José Maria Manzanares celui d’aide-soignant et Roca Rey celui d’un interne destiné à se glisser dans le même costume. Bien sûr on ne reviendra pas sur l’élégance et la technique du trio, mais, et je l’ai déjà écrit (conscient que même les toros les plus mous peuvent tuer), « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »

Enrique Ponce, doyen de cette faculté, tomba sur un premier toro aux caractéristiques pré-citées, et se montra parfait avec lui, ferme, élégant, technique, trouvant très vite le sitio adéquat et la cadence des muletazos. Bref ne manquait qu’un toro en face ! Oreille (avec pétition de la second), la seule de la tarde, après une estocade dans tout le haut. Le quatrième était vraiment trop faible (!!) pour être maintenu en piste. Il fut remplacé par un sobrero du même fer qui s’avéra sans charge. Malgré ses efforts pour faire bouger l’animal, le torero de Chiva dut se résigner et en termina d’une lame desprendida. Salut pour la volonté affichée.

IMG_8536José Maria Manzanares essaya de tirer quelque chose du second, un toro sans jus ni classe, parvenant à lui arracher quelques séquences estimables avant de conclure d’une bonne lame (salut). Heureusement le quinto mit un peu de sel dans le plat bien fade concocté par l’empresa Pagès. Bon toro mobile mais qui ne sut plaire à José Maria qui jamais ne parvint à trouver un accord avec lui. Salut après une demi-ration de fer suffisante.

IMG_8747Andrés Roca Rey tomba lui aussi sur un premier adversaire quasi-invalide mais pourtant maintenu en piste. Il fit cependant l’effort d’essayer d’en user mais la fadeur du bicho tiédit l’humeur du public qui n’accompagna pas le garçon dans son trasteo. Malgré sa volonté et sa sûreté, le travail resta bien en-dessous des espérances du jeune torero pour sa présentation à Séville. Salut après une lame foudroyante.

unnamedLe sixième était tout aussi fade que le troisième. Bien au capote, le péruvien s’arrima et donna le maximum au prix d’une voltereta d’apparence dramatique mais heureusement sans conséquences. Vuelta après une estocade en deux temps.

A noter que le roi Juan Carlos et l’infante Elena honorèrent la corrida par leur présence.

(Photos : Joël Buravand)